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Critique d'album

Garbage


Beautiful Garbage


(01/10/2001 - Mushroom - Electro-alt rock - Genre : Pop Rock)
Produit par Garbage

1- Shut Your mouth / 2- Androgyny / 3- Can't Cry These Tears / 4- 'Til the Day I Die / 5- Cup of Coffee / 6- Silence Is Golden / 7- Cherry Lips (Go Baby Go!) / 8- Breaking Up the Girl / 9- Drive You Home / 10- Parade / 11- Nobody Loves You / 12- Untouchable / 13- So Like a Rose
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Réhabilitation de ce disque mal aimé, aussi sucré que délectable"
Nicolas, le 05/07/2021
( mots)

A l’heure où vient de sortir No Gods No Masters, septième opus du Shirley Manson band d’ores et déjà encensé par la presse et considéré par Pitchfork comme “le meilleur album de Garbage depuis Version 2.0, il nous a semblé opportun, plutôt que de nous attarder sur ce petit dernier qui, pour l’heure, nous a à peine fait lever un sourcil, de revenir sur le mésestimé et fort goûtu Beautiful Garbage paru juste après la chute des Twin Towers, lequel apparaît, de prime comme de second abord, comme autrement meilleur que tout ce que le carré de Madison a pu réaliser par la suite, bien que fort différent du reste de la discographie des rebuts.


A posteriori, on ne peut manquer de noter le culot qu’il a fallu aux trois producteurs et à l’icône écossaise pour commettre un méfait aussi éloigné de son style original associant pop morveuse et instrumentation asphyxiante qui vous prend à la gorge pour ne plus vous lâcher. Comprendre également qu’à l’époque, Garbage était au pinacle de sa carrière après deux albums best sellers parfaitement savoureux, et l’on venait d’ailleurs d'honorer le groupe en lui demandant d’enregistrer la B.O. du James Bond d’alors, The World Is Not Enough. Las, les lascars se voyaient déjà à ce moment-là condamnés à recycler les mêmes fonds de poubelle, si vous me passez le jeu de mot pourri, et le succès commençait à leur peser. Nécessité fut faite de retrouver une certaine spontanéité, de réactiver le jam, de laisser tomber les consoles de mixage - du moins lors de la phase d’élaboration des titres. Beautiful Garbage vient de là, de ce besoin de décompresser, d’aspirer à plus de simplicité et d’organicité. Embourbée dans un divorce à rallonge, Shirley Manson a érigé ce troisième opus en forme d’exutoire, une certaine manière pour elle d’évacuer sa frustration et son mal-être en essayant, et en y mettant les formes, de prendre du bon temps. Quant à la production, quoique toujours aussi classieuse (bon sang ne saurait mentir quand on compte trois pros aussi pointus que Duke Erikson, Steve Marker et Butch Vig dans ses rangs), elle se fait drastiquement plus aérée et frivole.


Dès l’entame de “Shut Your Mouth”, on mesure l’abysse qui sépare Beautiful Garbage de Version 2.0. Le son y est beaucoup moins dense, des respirations se font jour, des silences hachés à grands coups de frappes de caisse et de riffs cisaillés. Cadencé, martial, presque industriel par moments, le titre renoue avec la morgue garbagienne sur un refrain supporté par des claviers inquiétants et des guitares en mode scie circulaire. On pourrait alors croire que le groupe va revenir à plus de chair, mais c’est exact opposé qui s’opère. “Androgyny” racle encore plus le son Garbage, les instruments disparaissent presque totalement pour ne laisser place qu’à une beat box glandeuse et quelques bidouillages électro sucrés. La couleur est donnée : Beautiful Garbage brillera par ses atours bubblegum aux senteurs de rose, comme en témoigne la (superbe) pochette du disque. Concept poussé à son paroxysme sur le truculent “Cherry Lips (Go Baby Go)” avec une Manson littéralement retombée en enfance - sa voix de contre-alto triturée se fait plus aiguë et retrouve une sorte d’ingénuité, de naïveté -, une verve mélodique imparable et un enrobage instrumental minimal si l’on omet la basse grondante du pré-chorus et la ribambelle de cloches du refrain. Incroyable morceau, “Cherry Lips” bénéficie d’une science de la construction époustouflante qui voit les différents motifs musicaux progressivement introduits se fondre en un superbe ensemble dans ses ultimes retranchements. Presque en fin de liste, “Untouchable” renoue avec cette organicité toute en syncopes et découpages électroniques, avec une légèreté seulement contrebalancée par les gimmicks de synthé violemment martelés sur la voix sensuelle de Shirley Manson. Rarement on avait entendu une telle science ès pop, une telle inventivité, une telle maestria dans les arrangements et les lignes mélodiques. Rien que pour ces titres remarquables, Beautiful Garbage mérite la découverte.


Non pas que le disque démérite par ailleurs, mais il redevient un poil plus conventionnel - pour du Garbage, s’entend - quoique nettement moins épais et suffocant que ses grands frères. Syncopes électroniques, toujours, sur le cogné “Till The Day I Die” qui permet à Manson de laisser libre court à sa palette vocale sur fond de guitares goguenardes ; valse faussement niaise sur le pink dolly “Can’t Cry These Tears” ; resucée grunge mariée à un slow lascif sur le très dichotomique “Silence Is Golden” : il y a encore de l’original au programme. Pour verser dans du Garbage plus proche de 2.0, il faut lorgner sur “Parade”, avec à nouveau cet organe féminin traînant saucissonné par des percussions intenables et des six-cordes acides, ou encore “Breaking Up The Girl”, plus nébuleux néanmoins, préfigurant d’ailleurs les quelques bonnes odes du futur Bleed Like Me. Et puis le groupe s’est ménagé de belles respirations, un “Cup Of Coffee” qui nous plonge en plein rêve fantomatique, un “Drive You Home” aussi triste que dépouillé - on flirte avec la balade à la Placebo ici - ou un “So Like A Rose” qui attend ses ultimes atours pour s’épanouir avec une certaine emphase.


Somme toute, un album fort différent de ses excellents prédécesseurs, mais non moins saisissant et presque aussi remarquable, ce qui ne l’aura pas empêché de se faire défoncer par la presse spécialisée et bouder par les auditeurs. A posteriori, il serait peut-être temps d’arrêter de tresser des lauriers à un No Gods No Masters d’ores déjà honteusement surcoté et de commencer déjà par redorer le blason de Beautiful Garbage, le disque des américano-écossais que l’auteur de ces lignes prend à chaque fois le plus plaisir à réécouter. Il ne tient qu’à vous de le prendre au mot.

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Commentaires
Boris, le 26/07/2021 à 18:04
Complètement d'accord avec le qualificatif "surcôté" de No Gods No Masters. Beautifulgarbage, enfant détesté, est un véritable bonbon, un exercice de style réussi.
palomino, le 10/06/2021 à 17:28
Probablement le meilleur album d'un groupe, si on le compare au dernier qui est un magnifique ratage sans utiliser le terme "culte" qui est passablement ridicule, c'est un très bon album un point c'est tout
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