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Critique d'album

The Hellacopters


Eyes of Oblivion


(01/04/2022 - - Hard Rock High Energy - Genre : Rock)
Produit par

1- Reap A Hurricane / 2- So Sorry I Could Die / 3- Eyes of Oblivion
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Après avoir survolé les 2010's, les Hellacopters effectuent un atterissage sous forme de coup de maître"
François, le 14/04/2022
( mots)

Dans "Une Famille" (Le Horla), Maupassant raconte les retrouvailles entre deux amis séparés depuis quinze ans par les aléas de la vie. Le personnage principal, également narrateur, exprime sa hâte curieuse, non dénuée d’appréhension, de connaître le destin d’un homme avec qui l’amitié avait été autrefois fraternelle. Quelle déception quand, sur le quai de gare, il aperçoit un individu obèse à la triste bonhommie provinciale, flanquée d’une épouse sans charme, de cinq marmots invasifs, d’une vie rangée dont la monotonie n’est interrompue que par le triste spectacle de l’ancêtre s’alimentant goulument avec difficultés …


Les comebacks peuvent laisser un goût amer. Suscitant autant d’attentes chez les fans qu’ils sont orchestrés par le groupe, ils risquent de tomber à l’eau par trop d’espoir alimenté avec force réclame. La plupart du temps, on se situe dans le marais du rock, ni bon, ni mauvais, donc décevant, avec quelques exceptions du côté des purges comme des heureuses surprises.


Il semble que l’amateur des Red Hot Chili Peppers ait, le 1 avril 2022, ressenti les mêmes émotions que le personnage de Maupassant face à ce vieux camarade qui, autrefois apprécié avec tant de passion, est devenu bien risible et décevant. Hasard de la chronologie, le même jour, The Hellacopters sortaient enfin du silence après quatorze ans d’absence. Mais tout sépare ces deux résurrections, si ce n’est qu’ils furent deux monuments de années 1990, car là où les Américains font long et pataud, les Suédois font court (une grosse demi-heure), efficace (10 titre calibrés) et rallument une flamme à peine éteinte.


Ayant peu suivi la discographie des hélicoptères diaboliques, notamment à cause des premiers albums un peu trop garage ou punk à mon goût, j’ai pourtant étudié de près la carrière de Nicke Andersson au sein d’Imperial State Electric puis bien sûr de Lucifer. Je suis également sensible au poids phénoménal que ce groupe a eu sur nombre de formations de la scène revival suédoise dont nous vous avons ici présenté la richesse.


Il semble que les deux étapes qui suivirent la séparation des Hellacopters en 2007 imprègnent le processus créatif du guitariste/chanteur à la casquette militaire, et l’on retrouve ici des touches parfois similaires à celles des groupes susmentionnés. Ecoutez "A Plow and a Doctor" sur lequel il ne manque que la voix Sadonis, et, en général, le côté plus propre de l’ensemble qui évoque Imperial State Electric.


En effet, si l’amateur des Hellacopters sera évidemment ravi de retrouver le côté efficace, rock’n’roll, saturé - action-rock en somme, de cette nouvelle galette, on appréciera également sa subtilité, sa propreté, qui ne sacrifie en rien la fougue de leur musique.


Surtout, quel art pour trouver le riff immédiat ! Tout ou presque nous saute à l’oreille comme un tube potentiel, et les singles proposés en avant-première ont vite dévoilé le haut potentiel de l’album à venir : les graines semées par "Reap a Hurricane" en guise de mise en bouche addictive, avec son piano bien senti relevant des refrains imparables, le très mélodique et grand-public "Eyes of Oblivion", et, enfin, un peu de diversité avec le très soul et sensuellement ternaire "So Sorry I Could Die" qui se permet une citation de Led Zeppelin avant le (superbe) solo.


Voilà le genre de promesses qu’on attendait pour ce type de comeback, des singles comme autant de petites perles lancées au vent avant de nous permettre de découvrir l’ensemble. Et celui-ci s’avère largement à la hauteur des espérances : il est vibrant sur "Can It Wait" ou "Beguiled", des titres typiques du groupe, musclé sur le hard-rock 1970’s (du côté de Deep Purple) "Positively Know Nothing", attachant sur le coopérien "Tin Foil Soldier" d’une efficacité presque trop évidente, émouvant sur le magistral "The Pressure’s On" qui rappelle bien les 1990’s … Piste après piste, The Hellacopters impressionnent avec enthousiasme et laissent croire à un potentiel nouveau chef-d’œuvre.


Coup de vieux pour ceux qui ont vécu leurs vertes années musicales dans les 1990’s : ce sont désormais leurs formations fétiches, un temps silencieuses (au moins discographiquement parlant), qui assurent les comebacks. C’est un peu ce qu’ils avaient connu dans les 1990’s, quand les dinosaures des 1970’s tentaient des retours en force après des 1980’s honteuses ou savamment esquivées. A croire que le récit de Maupassant n’est pas une fatalité et qu’on peut se retrouver sur un quai de gare en face d’un vieil ami perdu de vue, le reconnaître au premier coup d’œil, la complicité revenant comme si l’on s’était quitté la veille.


A écouter : "Eyes of Oblivion", "Reap a Hurricane", "Positively Know Nothing", "The Pressure’s On"

Commentaires
Glencoe, le 15/04/2022 à 20:05
Plus j'écoute et plus je me dis qu'effectivement Maupassant n'est pas une fatalité.
Daniel, le 14/04/2022 à 21:06
Des gars qui jouent sur des amplis Orange de cette puissance sont, par nature, invincibles. Et puis ce sera une des pochettes iconiques de l'année. Rock on !
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Critique d'album

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