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Critique d'album

Biffy Clyro


A Celebration Of Endings


(14/08/2020 - 14th Floor, Warner Bros - Rock alternatif - Genre : Rock)
Produit par Biffy Clyro, Rich Costey, Steve Mac

1- North of No South / 2- The Champ / 3- Weird Leisure / 4- Tiny Indoor Fireworks / 5- Worst Type of Best Possible / 6- Space / 7- End of / 8- Instant History / 9- The Pink Limit / 10- Opaque / 11- Cop Syrup
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le retour en grâce inespéré de Biffy. À écouter d'urgence."
Nicolas, le 22/03/2022
( mots)

Il est rare, très rare de voir un groupe décliner qualitativement puis opérer un brusque redressement de barre, et les écossais de Biffy Clyro sont de ceux-là. A tel point que l’on avait cessé de les suivre, la faute à une poignée d’OK albums qui les avaient vus délaisser le math rock truffé de hardcore un peu barge de leurs débuts pour une power pop certes bien foutue mais pas franchement irrésistible. Sans doute l’idée de changer de statut, pour passer d’éternel ouvreur de luxe (Muse, si tu nous lis) à véritable tête d’affiche, a-t-elle dû jouer dans cette déliquescence. La transformation en Foo Fighters du pauvre n’ayant pas vraiment pris, s’agit-il là de la raison de ce brusque - et récent - changement de cap ? Pas évident de répondre à cette question, mais le fait est là : avec A Celebration Of Endings, Biffy est enfin redevenu intéressant, et plus encore redoutablement fréquentable.


Pour être tout à fait honnête, on avouera avoir découvert cet album sur le tard, après être tombé par hasard sur son successeur, le déjà fort réussi The Myth Of The Happily Ever After paru l’an passé. D’une seul coup, Simon Neil et les frères Johnston ont décidé, non pas de revenir à leur style initial - le fameux retour aux sources tant fantasmé mais jamais réellement opéré -, mais de réinjecter du cœur, du muscle et de l’intellect dans leur rock de stade sans cela désespérément formaté pour plaire à la plèbe. Non pas que les masses seraient incapables d’apprécier ce nouveau Biffy, car il y a là réellement matière à s’enthousiasmer. On se retrouve face à un trio qui ne renie plus ses origines punk et qui parvient enfin à lâcher de nouveau les chevaux, à faire de nouveau parler la fée électricité avec hargne, à délaisser le sacro-saint binaire rythmique pour épouser des formes plus atypiques, à étoffer les titres en les truffant d’idées mélodiques décalées, le tout avec un bagage technique bien au-dessus de la moyenne dans le milieu du rock mainstream. Une sorte de Weezer ayant fait ses classes en journée auprès de Rush tout en se rendant en loucedé à des entraînements clandestins nocturnes de Fugazi. Un mélange qui détonne et qui cartonne.


Il y a beaucoup de choses réellement grisantes dans ce A Celebration Of Endings, un vrai sens de la mélodie et de la justesse ornementale sur fond de grosses cylindrées et de batterie excitée (“Worst Type Of Best Possible”), des titres malins qui se dévoilent par vagues juxtaposées (“North Of No South” - meilleur riff de 2020, à l’aise, avec son beau prolongement “The Champ”), rock progressif testostéronné dopé à la basse gloutonne (“End Of”, au pont tétanisant de pertinence), stadium hystérique aux délicieux développement instrumentaux (“The Pink Limit”), emprunts digérés à Queen appuyant les contrastes entre couplets de feu-follet / refrains en mode grands coups de massue assénés avec force hilarité et conviction (“Weird Leisure”), ballades touchantes dans leur simplicité et leur accompagnement de violons pudiques (“Space”, “Opaque”), post émo guilleret aux grands refrains saisissants (“Tiny Indoor Fireworks”), Biffy Clyro ratisse large et fait mouche à tous les coups. Pas de temps mort, pas de déchet, même pas de baisse de régime, l’album fait montre d’une grande richesse de thèmes, textures, sonorités, traitements formels et rythmiques, sans parler de textes toujours clairement au-dessus de la nasse - la langue de Shakespeare n’ayant visiblement aucun secret pour ce diable de Neil. Et puis il y a “Cop Syrup”, pour le coup un vrai titre complètement frapadingue, sorte de croisement improbable entre At The Drive-In et Jimmy Eat World, tout en alternances fort - faible, feulements de chat - hurlements de hyènes, avant de nous balancer, comme ça, sans crier gare, une grande digression bardée de flûte traversière et de mellotron, comme si King Crimson s'était délesté de son pathos. On se pince même pour réussir à comprendre comment un groupe aussi moderne et ayant pignon sur rue peut oser un tel grand écart, éclatant qui plus est.


Preuve de la qualité assez fameuse de ce A Celebration Of Endings, une vraie bonne surprise, une vraie réussite “tardive” comme rares sont les groupes à pouvoir se targuer. Spoiler : son successeur, The Myth Of The Happily Ever After, quoique sensiblement différent, s’avère tout aussi urgent à écouter et réécouter. Allez, une petite pique gratuite, comme ça, rien que pour le fun : messieurs les Red Hot Chili Peppers, vous voyez bien que l’on peut encore se réinventer avec pertinence et acuité, même dix - quinze ans après ses débuts. Las, les premières cartouches tirées par le futur Unlimited Love semblent bien plus proches de Stadium Arcadium que de Mother’s Milk. Tant pis, mais foin de désespoir pour autant : dans un style certes sensiblement différent, ruez-vous sur les derniers Biffy Clyro (celui-ci et le suivant, c’est facile, leurs pochettes se ressemblent), parce qu’on est presque sûrs que comme nous vous aviez fait l’impasse dessus et qu’on vous assure que c’est de la balle atomique. De la bombe. Du vrai rock, quoi.


À écouter : "North Of No South", "End Of", "Cop Syrup"... tout, en fait


Note : je ne partage pas de clip, uniquement un audio. Les titres choisis par Biffy pour être clipés, "Instant History", "Space" et "Tiny Indoor Fireworks" ne sont pas très représentatifs de l'album...

Commentaires
FranckAR, le 25/03/2022 à 17:31
Très bon album effectivement ! Sans cette chronique, je pense que je ne serais jamais retourné écouter Biffy Clyro... Je vais donc poursuivre sur ma lancée avec l'opus suivant !
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