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Critique d'album

Moron Police


A Boat On The Sea


(16/08/2019 - Mighty Jam Music Group - Prog/Pop Rock - Genre : Rock)
Produit par Moron Police

1- Hocus Pocus / 2- The Phantom Below / 3- The Invisible King / 4- Beware The Blue Skies / 5- The Dog Song / 6- Captain Awkward / 7- The Undersea / 8- Isn't It Easy
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Imaginez la rencontre improbable entre un prog rock déjanté et l'univers Disney..."
Franck, le 15/06/2021
( mots)

Pourquoi le rock - et plus particulièrement le rock progressif - verserait-il forcément dans un registre sérieux ? Technique, ténébreux, anti-commercial, dépressif, psychédélique… et si, nous redistribuions un peu et les cartes et changions de vocabulaire ? Imaginez plutôt la rencontre improbable entre cet univers et l’imagerie Disney… Ok, ce n’est pas demain que nous verrons du Jethro Tull ou du King Crimson sur une bande originale du studio américain, mais la seule idée de cette association hybride a au moins le mérite de susciter la curiosité ! Une fois n’est pas coutume, nous nous tournons vers la Scandinavie pour vous trouver les plus belles bizarreries. 


Et en termes de bizarreries, Moron Police met la barre assez haut. Il suffit de jeter une oreille aux premiers albums de ce groupe norvégien pour y découvrir une musique complètement barrée, aux textes décalés et aux structures progressives alambiquées. Aucune limite créative, mais un seul mot d’ordre : toujours privilégier l’aspect divertissant ! Délaissant peu à peu leur formule punk et heavy metal délirante des débuts, ces quatre Norvégiens ont pu réaliser en 2014 l’excellent Defenders of The Small Yard, album expérimental déployant une sorte de funk metal progressif assez jouissif dans son genre. En jouant à fond la carte d’un rock déjanté et jovial, le groupe a pu se construire une belle réputation dans leur pays grâce à des prestations scéniques endiablées. 


Pour son troisième album A Boat on the Sea - dont il est question aujourd’hui -, le groupe a pris le temps nécessaire (environ cinq ans) pour concocter une musique qui lui ressemble et à la hauteur de ses ambitions. A l’image de la magnifique pochette (une création de l’artiste Antonio Segura Donat, pour laquelle on prendra le temps d’observer les différents détails), nous embarquons pour un univers musical coloré et chatoyant où l’émerveillement côtoie un second degré parfaitement assumé. Les amateurs de la première heure pourront reprocher un assagissement un peu trop brutal, mais difficile de ne pas tomber sous le charme de ces huit morceaux emplis de joie et d’énergie positive, alternant entre enchainements improbables et passages à l’accroche immédiate. 


Et pourtant, la première immersion dans ce "rock guimauve et barbe à papa" a de quoi décontenancer tant il peut sembler inoffensif et naïf. Sensation accentuée par des compositions qui s’amusent à flirter avec le (très) mauvais goût, à l’image de ce passage techno au début du titre "The Phantom Below". Aussi improbable que cela puisse paraître, la magie finie par opérer, et le "Disney prog" de Moron Police devient rapidement addictif et révélateur.


Doit-on voir cette aventure comme un plaisir coupable ? Absolument pas. Apprécions la musique pour ce qu'elle a à offrir. En plus de son côté récréatif, la musique de Moron Police fait part d’une épatante richesse d’écriture : une technicité justement dosée, des compositions qui n’hésitent pas à prendre des virages inattendus, et un large éventail de sonorités. Ainsi, on appréciera à sa juste valeur l’ébouriffant "Captain Awkward", morceau déployant toute son énergie communicative à l’aide de breaks farfelus, de multiples changements de tempo, et de riffs qui seraient parfaits pour une bonne partie de Guitar Hero.


Tout en privilégiant une certaine instantanéité et gaité générale, nos policiers abrutis n’en oublient pas leur mordant. Mordant que l’on retrouve à travers des textes souvent critiques, maniant avec subtilité l’ironie et l’humour noir. Entre diverses péripéties humoristiques - à l’image de "The Dog Song" dépeignant les envies de voyage et liberté de nos amis à quatre pattes -, le groupe n’hésite pas à égratigner la religion ("The Invisible King") et à envoyer quelques piques à son gouvernement ("Beware the Blue Skies") : 


"Here comes Norway, friend to one and all (Voici la Norvège, ami de tous);
We don't sell guns, we just provide a little service, that's all (Nous ne vendons pas d'armes, nous fournissons juste un petit service, c'est tout);
We're the ambassadors of peace and kindness (Nous sommes les ambassadeurs de la paix et de la gentillesse);
Merely warlords dealing death and violence in a cabaret (Simplement des seigneurs de guerre s'occupant de la mort et de la violence dans un cabaret);
We're good friends with the U.S.A. (Nous sommes bons amis avec les U.S.A.)"


N’en déplaise aux amateurs de musiques progressives, le groupe a eu l'intelligence de proposer un format relativement court (un peu plus de 30 minutes), rendant l’expérience aussi brève qu’exaltante. Une véritable dose d’adrénaline qui plus est, détonante, dansante, venant égayer votre journée. 


A Boat on the Sea est un disque rafraichissant qui s’écoute avec le sourire. Déstabilisant mais aussi terriblement attachant, cet album est une réelle réussite démontrant que le rock peut tout à fait se montrer technique et imprévisible tout en restant enjoué et immédiat. Il n’y a plus qu’à espérer que Moron Police vienne rapidement étendre sa bonne humeur et son énergie positive au-delà des terres nordiques.

Commentaires
FranckAR, le 16/06/2021 à 14:38
Ahaha, je cherchais justement un 3ème album pour la partie "Si vous aimez..."! Il va falloir que je réécoute ce fameux "The Astonishing", histoire de me positionner sur ce débat sensible :p En tout cas, tant mieux si ça a été une bonne découverte pour vous. Je me suis également commandé leur 2ème album : un peu plus "artisanal" et metal, mais doublement barré!!
NicolasAR, le 15/06/2021 à 23:12
Si tu relis ma critique de l'époque, François, tu verras que j'en ai fait mention ;-) Et oui, j'ai bien évidemment tout de suite pensé à The Astonishing à l'écoute de cet album-ci. Mais je garde tout de même un intérêt non feint pour ce double album de Dream Theater certes bourré de défauts et de guimauves mais qui a du corps, du liant, du souffle et de formidables morceaux de bravoure. Après je sais que je ne te convaincrai jamais, mais moi je campe sur mes positions. Et sinon oui écoutez Moron Police, c'est barré mais vraiment très revigorant !
FrancoisAR, le 15/06/2021 à 09:57
Je ne sais pas si je suis complétement convaincu, mais franchement, quelle découverte ! Pour être original et en même temps très bien fait, ces Norvégiens se posent là - et n'ont rien à voir avec les courants progressifs actuels qui ont cours dans leur pays. Par contre, et de façon beaucoup moins convaincante, un groupe avait bien associé le rock progressif avec l'univers (musical) Disney (dans ce qu'il a de plus mièvre "Libérée Délivrée") : Dream Theater et son inénarrable The Astonishing. Là, c'était une purge. N'est-ce-pas Nicolas?
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