
Peaches
I Feel Cream
Produit par
1- Serpentine (I Don't Give A..., Pt. 2) / 2- Talk to Me / 3- Lose You / 4- More / 5- Billionaire / 6- I Feel Cream / 7- Trick or Treat / 8- Show Stopper / 9- Mommy Complex / 10- Mud / 11- Relax / 12- Take You On


Oh quelle photo étonnante. Alors que Peaches s’amusait avec les images lors de ses précédents albums – petite culotte, femme à barbe, regard SM – sur I Feel Cream, elle tape la pose en arborant une chatoyante tenue de patineuse artistique. Les chaînes et les poils sous les bras évitent de décontenancer totalement, mais cette pochette est un premier indice qui témoigne déjà du tournant pris par la chanteuse joyeusement scabreuse. Ici, point de nom de chanson racoleur dans la veine de "Shake Yer Dix" et autres élégances, mais des titres plus conventionnels. Dernier indice, elle a fait appel à Digitalism, Simian Mobile Disco et Gonzalez pour l’aider dans la réalisation de son nouvel opus.
Qui aurait pu penser que Peaches deviendrait connue, non plus aidée par un attrait du scandaleux, mais pour une électro plus proprette, parfois à la croisée du Gossip ("Talk To Me") et du Goldfrapp/Digitalism, justement (les surprenants "Lose You", "I Feel Cream") ? C’est étrangement agréable et très bien fait, on a presque honte d’aimer, tellement le morceau titre sonne glamour-FM. Sursaut de frayeur : Peaches ? Glamour ? Fini le salace ? Envolés les questionnements sexuels ? Car ici, peu d'odieusement provocateur.
Peaches n’abandonne pourtant pas ses ambiances dirty-électro-pussy qui ont fait sa renommée, pour le plus grand bonheur de ses admirateurs ("Serpentine", "Take You On", "Mommy Complex"). Elle se révèle d’ailleurs parfaitement polyvalente dans son domaine en posant un pied dans le hip hop tendance pimp-mainstream avec deux morceaux bling bling (le monstrueusement cheap "Billionaire" et "Mud").
Peaches version allégée, c’est comme la margarine, c’est sûr que ça n’a pas le même goût. Mais sortir un album plus conventionnel plutôt réussi alors qu’on a été la reine de la provoc couillue est quelque peu étonnant. L’album a certes un côté indigeste, la faute à trop de zinzin électro faussement chic. Mais avec I Feel Cream, Peaches se libère un peu de son personnage, grapille de nouveaux auditeurs sans tomber dans le Lady GaGa/Pussycat Dolls, et montre qu’elle a plus d’un tour dans son sac. Les fans de la première heure seront peut-être déçus, mais pas les amateurs des mignons de Goldfrapp qui recherchent un son plus osé.