
Wet Leg
Wet Leg
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1- Being in Love / 2- Chaise Longue / 3- Angelica / 4- I Don't Wanna Go Out / 5- Wet Dream / 6- Convincing / 7- Loving You / 8- Ur Mum / 9- Oh No / 10- Piece of Shit / 11- Supermarket / 12- Too Late Now


Avoir été un adolescent fan de rock dans les années 90 a quelque chose de frustrant. On a un temps cru que la mode en musique était cyclique : les nineties s’inspiraient des seventies, les noughties remettaient les eighties au goût du jour, on attendait donc impatiemment 2010 pour enfin retrouver le son tant aimé de notre jeunesse ! Las, c’est finalement à une décennie de plus de revival eighties auquel on a eu le droit, et le pire c’est que ça dure encore ! Bien évidemment, vous trouverez toujours quelques groupes actuels peu connus perpétuant l’héritage grunge, mais aucun qui n’ait une véritable importance médiatique et publique. Et c’est là qu’on dit merci les filles, puisque ce sont elles qui vont nous donner les plus beaux contre-exemples de ce triste constat ! Notre première éclaircie nous est venue d’Australie il y a quelques années et s’appelle Courtney Barnett. Aujourd’hui c’est au tour des Anglaises Rhian Teasdale et Hester Chambers de nous rappeler l’époque où on découvrait Liz Phair, les Breeders et Veruca Salt.
L’album est précédé de pas moins de 5 singles (dont un double) et on se régale à chaque fois. Le chant est nonchalant, en parfait contraste avec une rythmique énergique. Les guitares sont bien crunchy comme on les aime. Les textes n’hésitent pas à être crus dans la pure tradition d’une Liz Phair. Et si le son nous fait tout de suite penser aux années 90, dans les faits nos deux musiciennes ont une palette d’influences bien plus larges. Le succès du premier single "Chaise Longue " n’a rien d’étonnant. Les couplets basse/batterie/voix parlée (on n’est pas loin du post-punk) contrastent merveilleusement bien avec l’apparition de deux guitares qui s’entremêlent pour le refrain et le texte de ce dernier, aussi incongru que marquant "on a chaise longue, on a chaise longue, on a chaise longue, all day long, on a chaise longue". Contrastes toujours avec "Angelica", qui alterne entre trois parties très différentes : des couplets joyeux et entrainants aux arpèges jangle pop, des pré-refrains épurés et planants, et des refrains déployant des murs de guitare. Difficile de résister à "Wet Dream", deuxième hit single du groupe hyper efficace (2 minutes 20 au compteur), qui flirt avec le dance-punk. Et comment ne pas avoir de la sympathie pour un texte qui fait référence au film culte de Vincent Gallo "Buffalo 66"?
Sans rentrer dans les détails de chaque titre, les 3 autres singles sont à l’avenant. De quoi se persuader que Wet Leg nous a préparé un des albums de l’année. Le seul hic, c’est que quand il sort enfin, on se rend compte qu’à une exception près ("Supermarket"), toutes les bonnes chansons sont déjà sorties en single et que les 5 titres restants sont au choix, anodins, poussifs, ou carrément mauvais. Quoi qu’il en soit, si on ne gardait que les 7 meilleurs morceaux du disque, on se retrouverait avec un excellent EP de 22 minutes. Et même si on est un peu déçu par ce premier album, Wet Leg reste un groupe prometteur dont on a envie de suivre l’évolution, et qui a le mérite de ramener le son des nineties, depuis trop longtemps délaissé, aux oreilles du grand public (il a notamment été numéro un des charts en Angleterre et en Australie).
A écouter : faites vous une playlist avec les titres suivants pour un EP sans failles : "Wet Dream", "Chaise Longue", "Angelica", "Supermarket", "Ur Mum", "Oh No", "Too Late Now".