
Jethro Tull
Too Old to Rock'n'Roll, Too Young to Die !
Produit par Ian Anderson


L’accueil mitigé mais tout de même globalement positif offert à Minstrel in the Gallery relance la dynamique de Jethro Tull. Cela lui donne même l’idée de se remettre à produire un album-concept. Faut-il rappeler que leur seule véritable réussite dans le domaine fut un pastiche du genre ? Et que l’exercice se révéla souvent assez scabreux ?
C’est donc sur l’histoire d’une vieille star du rock, qui se réveille d’un coma pour retrouver un monde où sa musique est reine, que repose Too Old for Rock’n’Roll : Too Young to Die ! L’objet est travaillé puisqu’une bande dessinée accompagne l’album pour revenir sur cette histoire.
Si cela lui apporte une dimension progressive, l’album se compose en fait de chansons assez courtes, aux structures relativement classiques, avec des variations sur quelques thèmes pour donner de la consistance à l’ensemble. Ainsi, "Quizz Kid" possède déjà le thème du titre éponyme, seul tube de l’album. Il est vrai que ce morceau emphatique est une vraie réussite, notamment par la belle montée de guitare, son orchestration travaillée et sa conclusion en boogie-woogie.
Seulement, l’album est la plupart du temps convenu, avec de bons morceaux, mais sans réelle inventivité. On retrouve des titres acoustiques comme "Salamander" (presqu’une version alternative de "Cold Wind to Valhalla", pour le coup, Anderson ne s’est pas foulé) ou "Pied Piper" (là aussi on retrouve des plans issus de l’album précédent), des titres bluesy à l’image de "Taxi Grab" (assez bien pensé et groovy) ou dans le même registre, le plus soft "Bad-Eyed and Loveless". Il y a enfin quelques passages électriques : "Big Dipper", "Quizz Kid" … Les musiciens sont toujours au point, même le nouveau bassiste John Glascock, mais l’originalité du groupe est mise de côté (manque de flûte, manque de chorus de guitare, manque de mélodies médiévalisantes …). On est vraiment sur notre faim et l’ensemble se déroule sans qu’on ne puisse vraiment s’y arrêter.
D’autant plus qu’il y a aussi quelques fautes de goût comme "The Chequered Flag", monotone et confit d’une orchestration envahissante, reproche qu’on peut également faire à "From a Dead Beat to an Old Greaser".
L’ensemble est de bonne facture mais déçoit quelque peu venant d’un tel groupe. Un bon album, certes, mais on est en mesure d'attendre davantage de Jethro Tull. Heureusement, un changement de direction esthétique bienvenu aura lieu : à partir du prochain opus, le groupe entre dans une merveilleuse série d’albums folk-rock de haute-volée.
A écouter : "Salamander", "Too Old for Rock’n’Roll : Too Young to Die",