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Compte-rendu de concert

Michael Schenker's Temple of Rock


Date : 03/11/2015
Salle : Bataclan (Paris)
Première partie :

Un hard rock un peu démodé mais dont on ne peut pas s'empêcher d'être nostalgique. Un concert aux allures de retrouvailles entre vieux potes, l'occasion de voir à l'oeuvre l'un des solistes les plus sous-estimés du grand public.

Erwan, le 06/11/2015
( mots)

Dans un Bataclan pas tout à fait plein, Michael Schenker et sa bande de vieux potes du Temple of Rock sont de retour à Paris avec quelques nouveaux morceaux dans leur besace, issus de leur dernier disque Spirit on a Mission. Une ambiance de retrouvailles et de communion entre cinq musiciens d’expérience au plaisir communicatif, et un public de cinquantenaire nostalgique de Scorpions et UFO. Mais ne vous fiez pas à la moyenne d’âge de ce parterre extrêmement proche de la scène, quand il a s’agit de hurler les refrains, il est bien présent.

Ce Temple of Rock concocté par Michael Schenker a beau être un bon Scorpions Revival dans lequel on retrouve ses anciens collègues Herman Rarebell (batterie) et Francis Buchholz (basse), Michael Schenker reste la principale attraction de la scène. A peine arriver, le petit frère de Rudolf attire toute la lumière sur lui, entame plusieurs tours d’honneurs devant nous, tapant dans toutes les mains qu’on lui tend entre deux bends, avant de prendre sa place pour lancer Doctor Doctor, le premier des nombreux titres d’UFO qu’on pourra entendre dans la soirée. Pourtant, Doogie White se donne corps et âme pour prendre la scène à son compte. L’ex-vocaliste de Rainbow enchaîne les pas de dance, les déhanchés et les poses de rockstar. Au point de devenir un peu ridicule par moment, tombant dans la parodie de frontman refusant de vieillir.

Niveau chant, Doogie White en a cependant encore pas mal dans le coffre. Il tient la cadence sur le refrain endiablé de Live and Let Live, titre qui ouvre Spirit on a Mission, et récite plutôt proprement le répertoire d’UFO qui va suivre. Quand il s’agit de pousser sur les cordes vocales, il est au rendez-vous et rend chaque refrain efficace. Malheureusement, comme toutes les voix dans son genre (difficile de ne pas penser à Klaus Mein), il manque de nuance. Et les temps plus calmes de morceaux comme Let The Devil Scream, pourtant une des valeurs sûres du dernier album, en pâtissent.

Une fois qu’on arrive à détourner les yeux d’un Michael Schenker qui distribue du bonheur morceau après morceau, on peut remarquer Wayne Findlay à moitié caché derrière deux claviers à droite de la scène. Pourtant imposant, barbu, une sept cordes typée metal en bandoulière, Findlay ressemble aux premiers abords à un type présent uniquement pour combler les vides en rythmique quand Schenker se lance dans ses solos. C’est un rôle qu’il tiendra à la perfection, bien que l’un de ses deux claviers soit parfaitement inaudible, mais il va démontrer au fil de la soirée qu’il vaut bien mieux que ça. Premièrement lors de Coast to Coast, morceau régale pour les musiciens, mais aussi quand Schenker lui laisse les parties solo de Rock You Like a Hurricane et Blackout. Son jeu de scène est limité mais on découvre un soliste propre et un guitariste rythmique fiable.

Les titres défilent et on découvre ainsi quelques morceaux du dernier album dans l’écrin de la scène, et ça fonctionne plutôt pas mal. Spirit on a Mission n’est de toute façon pas un disque moderne et Vigilante Man ou Saviour Machine se fondent totalement dans le paysage au milieu de ces succès des années 80. Michael Schenker ne commet aucune erreur et semble vraiment sain, apaisé (on l’a connu dans des états bien éloigné de celui-ci), et son jeu de lead est une incroyable valeur ajoutée à tous les morceaux. L’allemand fait certainement partie des solistes les plus sous-estimés de sa génération par le grand public et il va le démontrer très largement lors de son moment de soliste, sa plus longue partition de la soirée, le très attendu Rock Bottom. Schenker profite d’un aménagement d’une dizaine de minutes qui lui est consacré pour dérouler un solo mêlant parfaitement technique et mélodie, dévalement de positions de gammes et tapping astucieux, s’amusant à ne jouer que d’une main pour prendre une photo de l’autre avant de terminer en apothéose, guitare brandit dans une pose qu’on lui connaît bien.

Le set d’un peu plus d’une heure et demie prend fin après ce solo sur trois rappels, dont un Attack of the Made Axeman grandiose. On a vraiment pu sentir l’alchimie entre les cinq musiciens prendre et grandir tout au long du show. Assez discret dans un premier temps, voir carrément transparent en début de soirée, Francis Buchholz s’est lui aussi pris au jeu. Descendant de sa batterie, l’excellent Herman Rarebell vient lui aussi nous saluer. Il est peut-être celui sur lequel les années passent le moins et son set fût réellement impressionnant. En sortant, on remarque que quelques jeunes étaient également présents. Preuve que la musique de ces vieux briscards qui ont fait les beaux jours du hard rock fait vibrer quelques cordes sensibles par-delà les générations, pour peu qu’on arrive à passer au-dessus de son côté « passé de mode ». Michael Schenker et ses amis ne remplissent plus Bercy, et n’ont même pas rempli le Bataclan. Leurs fans vieillissent, au moins autant qu’eux, mais leur musique elle, ne prend pas une ride.

 

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