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Critique d'album

PJ Harvey


The Hope Six Demolition Project


(15/04/2016 - - - Genre : Pop Rock)
Produit par

Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (14 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 2.5/5 pour cet album
"L'oeil avisé de PJ Harvey manque de mordant ! "
Stéphane, le 01/06/2016
( mots)

Polly ma chère et tendre, quand j'ai cessé de t'écouter, ton rock n'était que lyrique, tes mélodies s'étaient adoucies, j'étais perdu. Il y a quelques semaines tu sors de l'obscurité que tu affectionnes et à l'aide d'un extrait vidéo, chevauchant ta jazzmaster blanche, tu offres un riff ravageur qui me laisse rêveur. Je me prends alors à repenser à toutes ces années où je t'ai écouté, où tu m'as donné l'envie de crier que je suis libre %@#§£ de µ[$¤@.


"Is this desire, Enough enough, To lift us higher, To lift above".


Les années passent et ta fraîcheur s'étiole, les années passent et mon oreille s'effondre. Avec ce nouvel opus, un nouvel espoir voit le jour. Alors plutôt que le fantasmer autant l'écouter.



Quelques semaines après la sortie de cet album, en voici une vision peut-être trop subjective, mais j'ai eu beau retourner la chose dans tous les sens, je ne voyais pas comment faire autrement. Polly Jean est comme une ex-petite amie du lycée. Celle qui avait un charme fou, mais suffisamment folle pour effrayer les garçons. Un jour, on tente sa chance, et finalement ça se passe bien mieux qu'on n'aurait pu l'espérer, jusqu'à ce que... quelques petits défauts apparaissent et notre attention ne se fixe que sur ces maudits défauts.



Décidant donc de retenter ma chance avec Miss Harvey, je me procure The Hope Six Demolition Project. Vaste projet de démolition qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille. La production est à l'image de la belle brune, sauvage. La part belle est faite à un instrument qui se fait rare dans le monde du rock, le saxophone. L'une des rares fois où j'avais apprécié la présence d'un tel instrument sur un morceau de rock, c'était pour "For What it's Worth" de Placebo. Les chants sont assez mal équilibrés, des chœurs masculins, un poil trop viriles prennent le dessus sur le chant principal, à se demander qui chante dans ce groupe. Et les guitares, alors que présentes dans la vidéo, il est difficile de les trouver, on se croirait dans un "Où est Charlie ? Version guitare". The Hope VI Demolition Project a été enregistré par John Parish que l'on retrouve dans les choeurs et derrière quelques instruments. La galette compte quelques guests dont Alain Johannes (them crooked vultures, Eleven, Queens of the stone age...), Terry Edwards (Tom Waits, Nick Cave, Tindersticks...), James Johnston (Nick Cave) et d'autres.



L'album positionné dans la platine, commence avec "Community of Hope", fort d'une introduction et d'un couplet qui sans être révolutionnaires sont assez plaisants. Les chœurs arrivent par effraction, et on s'interroge sur la pertinence de ceux-ci. Il en est de même pour "Ministry of Defence", qui lui, présentait de réels atouts rythmiques et vocaux. L'impression laissée est celle d'une entreprise d'auto-démolition. Le saxophone aux sonorités hasardeusement rock est là pour relever les chants vainement.
Le morceau tant attendu, "The Wheel", a des accents de soirée entre potes. Quel dommage d'avoir fait le choix au mixage, de reléguer les guitares loin derrière, notamment le solo d'introduction perdu dans les nimbes de la rythmique. Moins rock mais un poil plus militant "Chain of Keys" déboule au son des refrains repris par les choeurs. Clairement ces titres auraient gagné en crédibilité à s'être suffi de la voix de PJ, mais les choix artistiques étant ceux qu'ils sont...


Nous connaissions déjà le penchant qu'a PJ pour les musiques sautillantes, qu'on peut fredonner en se promenant dans les bois, sur le chemin de notre mère-grand : En voici quelques exemples avec "A Line in the Sand", "Near the Memorials to Vietnam and Lincoln", "The Orange Monkey". Comme une âme d'enfant retrouvée, ces chansons pleine de fraîcheur vous transporteront dans un monde féerique, mais quelque peu éloigné du rock de Rid Of Me.
Le morceau qui a le plus retenu mon attention est "The Ministry of Social Affairs". Commençant comme un Blues du delta du mississipi, ce titre rappelle que la demoiselle sait chanter, mais aussi jouer du sax'. Qu'il est bon de l'écouter évoluer dans ce registre !
Il était impensable de ne trouver aucun ovni dans cet album de PJ Harvey, celui qui sort du lot s'appelle "Dollar, Dollar", tour à tour gospell soft, et saxo reggae mid-tempo.


Mais sinon, quel est le sens de cet album, est-il purement musical, se veut-il porteur d'un message plus lourd de sens ? Ce serait mal connaître l'artiste que de se buter aux morceaux, comme n'étant que des chansons. A la manière d'un Neil Young en jupette, Polly nous explique les conséquences néfastes du programme HOPE VI. Sans rentrer dans les détails, il s'agit d'un programme de réhabilitation de logements urbains qui a vu le jour aux USA, à la fin des années 90. Il s'est développé au cours de la première décennie de notre siècle et n'a pas eu que des conséquences positives pour les habitants. L'idée générale était de fournir un logement économique sur le plan énergétique à tous ceux qui étaient pauvres et mal-logés. Sauf que l'enfer est pavé de bonnes intentions, le principe de base paraissait bon mais les moyens n'ont pas été au rendez-vous. Les matériaux étaient de basse qualité, et le principe du 1 pour 1 n'a pas toujours été respecté (une maison qui abritait 8 personnes se transformait en maison pour 3). C'est donc un regard sur l'Amérique moderne que l'on peut entendre dans cet opus.


Au final un album singulier mais décevant, en occultant ses atouts Polly Jean s'est tirée une balle dans le pied. Mais le préjudice n'aura sûrement touché que ma petite personne, car à peine sorti, The Hope Six Demolition Project était en tête des ventes d'album chez nos voisins britanniques. Un album qui poursuit le chemin entamé par Miss Harvey, cette cohérence manque de spontanéité mademoiselle !
Pour reprendre la métaphore de départ, un(e) ex, c'est beaucoup de bons souvenirs, mais si la rupture a eu lieu, ce n'est pas sans raison. Pj Harvey s'éloigne petit à petit des sillons d'un rock sauvage pour aller vers une mélodie poétiquement rock mais toujours politiquement rock.

Commentaires
Harvey, le 30/11/2017 à 18:56
Contrairement au commentaire précédent évidemment que tu as raison. J'ai pensé la même chose pour chaque chanson. Ce n'est pas un hasard. C'est une critique objective malgré nos propres subjectivités. Beaucoup d'artistes que j'écoutais des années 90 se sont essoufflés. C'est comme si "ils veulent" mais ne peuvent plus..il manque la gnac, l'émotion vive, le TRUC. Ca se ressent par exemple dans l'un des premiers morceaux où se trouvent des silences qui nuisent à la chanson. Bref, elle est là mais c'est plus bon temps avec ses potes et ses choeurs qu'une oeuvre d'art comme elle a toujours su en faire.
Jf, le 14/01/2017 à 00:27
Je ne partage pas du tout ton avis. Pj explore sans cesse et nous ouvre à chaque album une nouvelle facette de son talent... L'album est mélodieux et équilibre. Pj est une artiste libre et elle n'hésite pas a aller a contre- courant de ce qu'elle a fait par le passé.
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