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Critique d'album

Incubus


If Not Now, When?


(12/07/2011 - Epic - Funk métal - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- If Not Now, When? / 2- Promises, Promises / 3- Friends And Lovers / 4- Thieves / 5- Isadore / 6- The Original / 7- Defiance / 8- In The Company Of Wolves / 9- Switchblade / 10- Adolescents / 11- Tomorrow's Food
Note de 2/5
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Note de 1.0/5 pour cet album
"Quel four, mon dieu, quel four !"
Nicolas, le 20/07/2011
( mots)

"Embarassant", voilà le terme qui vient à l'esprit à l'écoute de ce septième album studio d'Incubus, un groupe que beaucoup d'entre nous, à la rédaction d'albumrock, affectionnons ou en tout cas avons affectionné à un moment de notre vie, un groupe qui a réussi à se forger une discographie aussi riche que percutante, un groupe qui a également su négocier de nombreux virages au cours de sa carrière pour évoluer d'un funk-metal sautillant (S.C.I.E.N.C.E.) à un rock plus profond et apaisé (Morning View). La déception éprouvée à l'écoute de ce disque n'en a été que plus douloureuse.

Pas la peine de faire trainer le supplice en longueur : If Not Now, When? est une véritable catastrophe. Pourtant, de nombreux indices auraient déjà dû nous préparer au pire. Cinq années d'absence au cours desquelles chacun des membres a tâché de s'éloigner le plus possible des autres, un album solo de Brandon Boyd que l'on qualifiera poliment de gentillet, une volonté de se retrouver autour d'un travail basé uniquement sur la simplicité, des titres composés de façon simultanée à leur enregistrement, et pour finir cette affirmation édifiante de Mike Enziger : "Je pense que nous allons demander beaucoup à nos fans. Nous allons leur demander d'écouter une musique qu'ils n'écouteraient pas habituellement. (...) Je pense que nous prenons un énorme risque en faisant cet album". Sans blague ? Et encore, il est loin du compte.

Premier coup de semonce, "Adolescents" laissait pourtant poindre une lueur d'espoir autour d'un titre plutôt correct, pas franchement inspiré mais emportant tout à l'arrache par la force de de son thème altier. Puis vint "Promises, Promises", et là ce fut le drame, car l'image qui vient immédiatement en tête à l'écoute de ce naufrage est "musique d'ascenseur", soit un slow sirupeux sans la moindre originalité, sans aucun intérêt instrumental (mais où diable sont passés les tueurs de "New Skin" ?) et dans lequel la voix de Brandon Boyd devient abjecte de préciosité et d'onctuosité. Alors que, jusqu'à maintenant, le beau gosse de service savait encore (à peu près) moduler ses effets vocaux pour ne pas trop verser dans la pop FM pour crooners à sourire ultra-bright, voilà qu'il se vautre désormais dans la mièvrerie avec la plus parfaite auto-satisfaction, en accumulant sans aucune gêne soupirs faussement affectés et trémolos insupportables. Difficile d'encaisser le coup, mais le plus dur restait encore à venir. En effet, If Not Now, When? n'est composé que de clones de "Promises, Promises", soit une succession de titres lents, mollassons, ultra-formatés, mélodiquement banals et sans le moindre attrait formel. En clair : une énorme bouffée de chloroforme à peine relevée par de rares piques d'émotion (sur "Friends And Lovers", à la rigueur), par de rares décharges décibeliques ("In The Company Of Wolves" et son final qui se permet un peu de gonflette) et par le groove paresseux du médiocre "Switchblade".

Rien ne parvient à sauver le disque, rien de rien, pas même les musiciens qui se retrouvent ici comme anesthésiés et à peine dignes du titre de backing band. Même les tours de platines suivants, ceux-là même qui parviennent souvent à retirer d'un album moyen un petit quelque chose de positif, ne lui accordent aucune circonstance atténuante. Abrégeons donc cette chronique et recommandons simplement d'oublier et d'éviter cette déroute navrante. Espérons enfin qu'Incubus trouvera la force de se ressaisir sur les cendres de ce disque qui fait d'ores et déjà un très sérieux prétendant au titre de l'album le plus mauvais de l'année 2011...

Commentaires
jojo, le 20/07/2018 à 12:35
J'avais beaucoup apprécié cet album à l'époque de sa sortie mais j'ai peur de le réécouter aujourd'hui car il me semblait à la limite entre réussite et soupe (sur le fil, comme le mec de la couv'). Faudra que je m'y repenche pour voir où mon coeur balance :)
Isadore, le 16/07/2018 à 02:22
Je crois que côté sensibilité vous repasserez.Eh oui, désolé mais les années passent et la maturité grandit. Je trouve très dur de critiquer cet album qui est pour ma part magnifique. Malheureusement, on ne peut pas retenir le temps et rester en telle année. Qu'aurait-ils dû faire? Ne pas évoluer. Vous savez, l'esprit, même quand on est artiste se modifie et ils aspirent à de nouvelles avancées musicales en ne pensant pas; Ah! Tiens! On va faire un album uniquement dans le style de nos débuts juste pour qu'on garde une bonne opinion de nous et faire plaisir à tout le monde. Incubus se fout d'être une machine à tubes même si c'est le cas pour beaucoup de morceaux. C'est un groupe qui n'a pas l'esprit à; On veut régner sur le monde et écraser les autres. Ils font ce qu'ils aiment, ce qui leur ressemblent à un moment de leur existence, par quoi ils vont être inspirés. Il est certain que si on ne laisse que la place aux sons de métal/funky etc sans expérimenter de nouveaux chemins, ça ne déroute personne. Les gens se moquent quand beaucoup aimeraient revenir en arrière mais lorsque la musique change, on voudrait rester cantonner à celle dont on avait l'habitude. Il faut aussi réfléchir à la manière dont se sente les artistes durant leur vie. Ils s'expriment travers leur art. Ils sont humains. Cet album est remplie de sensibilité. Alors je veux bien croire que pour des fans de rock métal, ça va être le rejet. L'appréciation de la musique est vachement limitée mais les goûts sont différents. Alors pour ceux qui n'aiment plus tellement ce qu'ils font, il est temps de vous dire que vous n'êtes plus fan.
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Critique d'album

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