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Critique d'album

My Chemical Romance


The Black Parade


(23/10/2006 - Reprise - Punk Rock - Genre : Rock)
Produit par Rob Cavallo

1- The End. / 2- Dead! / 3- This Is How I Disappear / 4- The Sharpest Lives / 5- Welcome to the Black Parade / 6- I Don't Love You / 7- House Of Wolves / 8- Cancer / 9- Mama / 10- Sleep / 11- Teenagers / 12- Disenchanted / 13- Famous Last Words / 14- Blood (Hidden Track)
Note de 5/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"L'histoire d'un groupe en état de grâce"
Julien, le 25/03/2020
( mots)

C’était une histoire qui avait plutôt mal démarré. Celle d’un groupe apparu au début des années 2000 dont l’allure et le style faussement gothique étaient mis au service d’un punk-rock certes sympathique, mais manquant cruellement de personnalité, noyé au milieu d’une multitude de congénères : de Good Charlotte à Jimmy Eat World en passant par Simple Plan (mais si, vous vous en rappelez de ceux-là avec leur “Welcome To My Life”, tout aussi collant qu’une chanson chantée par une princesse dans un Disney).
L’histoire contée ici, c’est celle d’un coquillage dont l’apparence n’a rien pour être remarquée dans cette masse. Pourtant à l’intérieur de celui-ci se trouve une véritable perle. Une perle noire, aux formes captivantes et parfaites dans tous ses contours. Le coquillage s’appelle My Chemical Romance, la perle The Black Parade


Un coup de maître ! Réalisé dans une magistrale maîtrise musicale (c’est bien là le plus important), mais également dans ses idées, et ses concepts déployés. The Black Parade est un disque comme on en fait plus de nos jours. Un concept album, avec une histoire narrée au travers de treize titres, où il convient de faire fi de la touche shuffle pour se délecter comme il se doit.
La légende raconte que tout serait parti d’un rêve fait par le leader du groupe de Newark qui se serait réveillé en inscrivant “Welcome To The Black Parade” dans son carnet. L’inconscient pousse le groupe à s’inventer un nouveau réel : My Chemical Romance se présente sur scène comme The Black Parade, chacun arborant une tenue militaire de la révolution américaine aux couleurs pareilles à celles d’une armée qui aurait été réveillée des profondeurs abyssales pour prendre par la main son auditorat et l’accompagner sur le chemin de l’éternel. Un décorum créatif occulte et magnétique, d’une juste cohérence dans sa direction et dans ses choix.
L’album a pour personnage principal un patient en phase terminale de cancer, diagnostiqué cliniquement mort (sur la doublette des titres “The End” et “Dead !”). On suit son évolution au gré de ses souvenirs d’enfance (“Welcome To The Black Parade”), de sa vie de soldat (“Mama”) jusqu’à ses dernières volontés (“Famous Last Words”).
Un personnage que Gerard Way souhaite incarner jusque dans sa dimension physique, en délaissant sa mèche emo et les cheveux couleur corbeau, pour une coupe courte et déteinte en blond qui apparemment lui serait nécessaire pour “se sentir complètement dans la peau du personnage”. Qui a dit “too much” ?
L’autre réussite se trouve dans la construction et le tracklisting choisi : départ sur les chapeaux de roue, singles, balade, morceaux épiques, re single, calme avant la tempête du feu d'artifice final. Là aussi, logique et harmonie ne font qu’un. Le disque a l’architecture du navire fantôme qui va nous faire voguer dans ses mondes artificiels. On monte à bord en signant le pacte d’un voyage onirique dans l’universalité des étoiles, faisant un détour dans la délicatesse et la légèreté de la brume, jusqu’à atteindre les sommets épicuriens.


Si le paquet cadeau est fascinant, il convient de regarder si ce qu’il contient est à la hauteur. Sans détour, c’est une vraie claque que nous met My Chemical Romance dès le départ. Après son intro à l’acoustique sur fond d’électrocardiogramme, on comprend, dès l’entrée de la batterie sur “The End”, qu’on va être compacté et ressortir éreinté par la puissance mêlée de la caisse claire et de la guitare. Cette sensation d’épaisseur et de lourdeur sera incarnée par “This Is How I Disappear”. Quelle introduction ! Guitare et batterie se lancent dans un match de boxe d’une saisissante violence avec que Gerard Way calme, brièvement, les ardeurs des duellistes par un “Go !” transformant le combat en un rassemblement de guerriers propagateurs de l’obscurité. Le guitariste Ray Toro, fait preuve d’un incroyable contrôle de son instrument, distillant les solos aux justes propos selon les morceaux : entre technique exacerbée sur “Dead!” ; ou plus mélodieux, pour conférer une dimension supérieure à l’ensemble (“I Don’t Love You”). Au milieu de toute cette énergie, Gérard Way a l’intelligence de savamment placer des passages mélodiques qui permettront de consacrer son album dans l’universalité. Ici, comment ne pas parler du single “Welcome To The Black Parade”, et son intro piano voix ne demandant qu’à être scandée par les foules, implorant le chanteur de devenir le sauveur des brisés, des vaincus et des damnés (“Son, when you grow up, would you be the savior of the broken, the beaten and the damned ?”). Dans le répertoire de la mélodie crée pour les masses de fans, on pensera à “Dead!” et ses “na-na-na-na” dans sa conclusion, ou à l’efficacité d’un punk rock, plus classique, mais diablement percutant avec “Teenagers”. Les californiens n’oublient pas les morceaux plus posés et mélancoliques. C’est le cas de “Disenchanted”, et la douceur de son intro acoustique, avant de prendre son envol et de s’imposer dans les contrées de la symphonie électrique. “Cancer” voit le groupe proposer une expression musicale différente, avec une balade piano voix. Une nouvelle fois le registre sert à merveille le concept de l’album, dans un style contrôlé et dominé par la maestria de son chanteur. A savourer, la version live bâtie exclusivement en piano/voix et précédée d’un magnifique interlude instrumental.


Mais ce qui fait de cet album un chef d’œuvre se trouve dans ses titres héroïques à la virilité grandiloquente. Un voyage sur les hauteurs épiques qui allait tout changer et dont l’illustration la plus belle se trouve sans nulle doute sur “Sleep”. Tout au long du morceau, on est pris au piège des cauchemars racontés par Gerard Way. Des cauchemars qu’il raconte en enregistrant ses récits sur magnétophone qu’on entend par parcimonie dans le titre : “feel like somebody was gripping my throat” (“Je sens comme si quelqu’un me saisissait la gorge”). C’est exactement ça : on est pris à la gorge par la puissance des riffs et solos prodigués pendant 4 minutes. On passe par des instants quasis schizophréniques sur la fin, où l’on se prend à accompagner les cris d’horreur poussés par le chanteur blotti au fond de notre lit. Un morceau qui nous fait dire que la quiétude de la nuit n’est qu’une utopie : “The hardest part is letting go of your dreams” (“Le plus dur est de se laisser aller à tes rêves”).
On contemplera la séduisante déstructuration de “Mama” avec son riff ska, ses breaks et envolées lyriques aliénées, parmi lesquelles se trouve la voix de l’actrice Liza Minnelli. On terminera avec “Famous Last Words”, le rayon de lumière qui achève la traversée de l’obscurité telle la porte séparant l’odyssée nocturne des rayons incandescents de la réalité : “So many bright lights that cast a shadow” “These bright lights are always blinding me” (“Tant de fortes lumières se fondent dans l’ombre” “Ces lumières brillantes m’aveuglent tout le temps”). 


My Chemical Romance a signé l’œuvre de sa vie. The Black Parade combine tous les éléments pour faire basculer l’art du groupe dans l’exceptionnel, tant au niveau musical que dans la mise en forme (en scène). Finalement qu’importe si le groupe n’est pas arrivé (et ne réussira très vraisemblablement jamais) à égaler un tel niveau de performance. Car après tout, combien de groupes dans leur carrière réussissent, sur un même effort, à aligner toutes les planètes sur une ligne aussi pure ? L’évènement est rare, et il convient de l’apprécier à sa juste valeur. Un moment de grâce à prendre dans le présent, qui porte en lui une pleine satisfaction. Une réussite de l’instant qui ne se soucie ni du passé ni des préoccupations de l’avenir. Un présent jubilatoire !

Commentaires
Agaetis, le 25/03/2020 à 21:56
Un album puissant, mélodique, efficace et addictif ! 14 ans après la sortie, je m'y replonge encore très régulièrement avec délice. le chant est parfaitement maitrisé, entre rage et mélancolie, et la guitare un hommage à Brian May dans les solos. Un concept album à écouter d'une traite ! Merci pour cette chronique !
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Pearl Jam


Gigaton


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Si tout le monde connaît l’adage “qui aime bien châtie bien”, il semblerait que certains fans aient du mal à laisser leur formation fétiche se faire vertement critiquer, quand bien même elle n’aurait à l’évidence pas réellement cherché à se surpasser. Qu’on ne s’y trompe pas : Pearl Jam est un grand groupe, l’un des meilleurs à avoir émergé durant la décennie 90, une formation techniquement solide, artistiquement intègre et qui peut de surcroît compter sur un chanteur d’exception, mais un groupe qui a eu un peu trop tendance à vivre sur ses acquis durant les vingt dernières années. D’aucuns auront pu se contenter des corrects Lightning BoltBackspacerRiot Act et autre PJ (on peut même y ajouter un ou deux disques au passage) tandis que d’autres auront conspué le quintette de Seattle pour son évidente paresse. Rétrospectivement, et à l’écoute de ce Gigaton assez inespéré, ces derniers n’avaient pas tort, même si l’horizon Ten - Vs - Vitalogy paraît encore bien loin.

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