↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Genghis Tron


Dream Weapon


(26/03/2021 - Relapse - Metal expérimental - Genre : Autres)
Produit par Kurt Ballou

1- Exit Perfect Mind / 2- Pyrocene / 3- Dream Weapon / 4- Desert Stairs / 5- Alone in the Heart of the Light / 6- Ritual Circle / 7- Single Black Point / 8- Great Mother
Note de 3.5/5
Vous aussi, notez cet album ! (2 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.0/5 pour cet album
"Genghis Tron, le retour (ou plutôt le reboot)"
Franck, le 08/09/2021
( mots)

Il arrive un moment où il est bon de changer d’air et de sortir de sa zone de confort; tester de nouveaux hobbies, changer d’apparence, faire de nouvelles rencontres… Le même principe s’applique à la musique, tout simplement parce que les goûts et les couleurs changent. Tandis que certains groupes font évoluer méthodiquement leur style au fil des années, d’autres opèrent des virages beaucoup plus radicaux, au risque de perdre une partie de leur public. On pensera évidemment au déboussolant Kid A de Radiohead, régulièrement cité par la presse musicale. Le cas est pourtant loin d’être isolé. Prenons pour exemple la musique metal, décrite de manière caricaturale comme un versant extrême du rock. Ces dernières années sont en effet marquées par des formations délaissant peu à peu (ou abruptement) les grosses guitares et le chant guttural pour s’orienter vers des musiques beaucoup plus "accessibles" : rock, pop ou encore shoegaze. Les exemples ne manquent pas : Anathema, Opeth, Deafheaven, Leprous, Ulver, ou encore The Gathering (dans une moindre mesure). Vu de l'extérieur cela peut passer pour une sorte de renoncement - que dis-je une trahison -, un lissage de sa musique pour gagner en notoriété. Mais force est de constater que la plupart de ces évolutions sont généralement couronnées de succès tant public que critique (pas d’inquiétude, nous ne parlerons ni de la période dubstep de Korn, ni de l’electro low-cost de Linkin Park…). Bizarrement, peu de groupes prennent le chemin inverse (hormis peut-être Porcupine Tree)... Imaginez un peu si Coldplay délaissait subitement sa pop fluo grand public : un Chris Martin tout vêtu de noir, cheveux longs (désolé pour les clichés) en train de hurler à s’en rompre les cordes vocales. Fini les vacances, stop aux arrangements électroniques à deux balles, aux sections pré-enregsitrées et autres collaborations avec Rihanna. Place aux riffs frénétiques, aux guitares déchainées, lance-flammes et wall of death… Refermons cette parenthèse et ce sursaut d’exagération (même s'il est totalement justifié au vu de l’album chroniqué aujourd’hui)!


A défaut de voir un telle vision se produire, venons-en à Genghis Tron. Si ce nom ne vous évoque rien de plus qu’un empereur mongol, je vous invite à découvrir l’album sans plus attendre, vierge de toute historique et de tout apriori (et aussi à réouvrir vos livres d’histoire, bande d’incultes). En revanche, si vous êtes un amateur du groupe, la pilule risque d’être difficile à faire passer… ou pas.


Genghis Tron est à la base un trio américain qui s’est illustré dans les années 2000 avec un concept pour le moins expérimental alliant grindcore et musique électronique… En gros, du metal bien bourrin avec une batterie virtuelle et des claviers, qui, contre toute attente s’est montré particulièrement aventureux et novateur, procurant au groupe une solide réputation dans le milieu. Après un deuxième album à succès (Board Up the House, 2008) et une tournée éprouvante, les trois hommes annoncent vouloir faire une pause. Pause qui durera finalement plus de dix ans… L’année 2021 marque donc le retour d’un groupe qui aura marqué à sa façon les musiques extrêmes.


Un retour inespéré, censé tracer une nouvelle direction pour le combo américain, mais surement pas celle imaginée par les fans (repensez à Coldplay faisant du death metal)… Dream Weapon marque en effet une évolution considérable de style; la musique directe et brutale des débuts - mêlant chant hurlé et riffs ultra rapides - laissant désormais place à un électro-rock atmosphérique teinté d’influences krautrock, ambient et shoegaze. Une nouvelle identité sonore marquée par l’intégration d’un batteur, mais surtout par le départ du chanteur Mookie Singerman. Le noyau dur formé par les membres fondateurs Michael Sochynsky (clavier) et Hamilton Jordan (guitare) se voit donc renforcé par les arrivées de Nick Yacyshyn (batterie) et Tony Wolski (chant). 


Pour ceux qui avaient pu découvrir le groupe au sommet de son metal extrême, il est clair que Genghis Tron a bien changé. Treize années sont passées, le groupe a grandit, s’est assagit, mais n’est pas pour autant méconnaissable. Dream Weapon assure malgré tout une certaine continuité avec les réalisations passées de la bande, subtile certes, mais bien présente (mode d’écriture, textures sonores…).


Afin d’éviter toute déception précoce, il sera important de prendre l’album pour ce qu’il est et non pour ce qu’il aurait pu être. On y découvre ainsi une musique aérienne, parfois complexe dans ses structures progressives, parfois minimaliste dans ses mélodies itératives. Le groupe maitrise son sujet et se montre pertinent dans la construction d’un univers alliant ambiances planantes et sonorités rétrofuturistes. La première partie d’album, nettement plus accessible, ménage l’auditeur avec des morceaux à l’accroche immédiate tels que l’entrainant "Pyrocene" ou le plus contemplatif "Alone in the Heart of the Light". La voix aérienne du nouveau chanteur se met au service des compositions et l’intégration d’une véritable batterie amène un côté organique bienvenu. Les transitions entre electro et passages plus rock sont ainsi améliorées et plutôt bien amenées à l’image du morceau éponyme "Dream Weapon", se démarquant avec ses guitares aiguisées et son approche nettement plus nerveuse.


Passé le cap de cette sympathique entrée en matière, l’entreprise finit rapidement par montrer ses limites, ne pouvant empêcher l’ennui de s’installer au détour de compositions de plus en plus hermétiques. Le voyage est loin d’être désagréable, mais on peine réellement à lâcher prise et à se laisser emporter dans ce space trip qui s’avère finalement terriblement banal. La faute aussi à un manque d’émotion et de nuances, illustré par un chanteur persévérant dans un registre beaucoup trop monotone et un ensemble tellement homogène que l’on s’y perd parfois. Ajoutez à cela des interludes sans grande utilité ("Desert Stairs") et des morceaux de plus de dix minutes qui n’aboutissent finalement à pas grand chose ("Ritual Circle"), et on aura vite fait de passer à côté de réelles fulgurances.


Il n’est jamais évident de changer de style, de tourner la page d’une période qui nous a projeté dans la lumière et de débuter un nouveau chapitre de notre histoire. Après une longue période d’absence et un effectif en partie remanié, Genghis Tron a joué la carte du renouvellement intégral, délaissant son metal sulfureux pour une approche autrement plus atmosphérique. Pour les amateurs du groupe, le changement risque d’être brutal, mais pas pour autant rédhibitoire. Il s’agit là d’une nouvelle facette d’une personnalité complexe qui n’avait dévoilé jusqu’à présent que sa part la plus sombre et la plus extrême. Plus apaisé, mais aussi plus ordinaire, Dream Weapon n’en reste pas moins un bon album qui, malgré ses faiblesses, n’enlève rien au plaisir de retrouver une formation qui a encore de belles choses à montrer. 

Commentaires
Harkonnen, le 20/09/2021 à 09:29
Coldplay faisant du death metal, j'aime beaucoup cette idée ^^. Un bon album d'électro/rock, mais sans plus. Merci pour l'article.
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


"

Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

"
À lire également