↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Sigur Ròs


Með suð í eyrum við spilum endalaust


(23/06/2008 - EMI - Post Rock - Ambient - Expérime - Genre : Autres)
Produit par

1- Gobbledigook / 2- Inní Mér Syngur Vitleysingur / 3- GóðAn Daginn / 4- Við Spilum Endalaust / 5- Festival / 6- Suð I Eyrum / 7- Ara Bátur / 8- Illgresi / 9- Fljótavík / 10- Straumnes / 11- All Alright
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (18 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.0/5 pour cet album
"Le monde change, Sigur Rós évolue. Et vous ?"
Nicolas, le 30/09/2008
( mots)

Le temps passe, et déjà la fin du mois de Septembre pointe le bout de son nez. Que faire ? Voilà presque un mois que j'écoute assidûment cette dernière livraison venue d'Islande, et je n'arrive pas à me départir d'une kyrielle d'interrogations à son sujet. Pourtant, à la base, l'idée de chroniquer un disque de Sigur Rós relève plus du domaine de la détente et du plaisir que de celui de la vaine prise de tête, tant le niveau de leurs précédents albums demeure indéfectiblement élevé. Du moins jusqu'à aujourd'hui. Il va bien falloir que je me fasse une raison...

Première surprise : le début de cette fournée (dont je serais bien incapable de prononcer correctement le nom) est inhabituellement... joyeux. A l'image de sa pochette sur laquelle on voit plusieurs personnes courir nues dans la nature, les premiers sentiments qui émanent de "Gobbledigook" relèvent de l'innocence et du bonheur. Le rythme est soutenu, les percussions légères mais appuyées, l'air guilleret et presque naïf, et l'on peine vraiment à reconnaître ceux que l'on croyait enfermés dans une immuable contemplation onirique. Qu'à cela ne tienne : après tout, même si l'air se pare d'une couleur pop très prononcée, il n'en reste pas moins de facture tout à fait appréciable, tout comme son successeur "Inní Mér Syngur Vitleysingur" qui poursuit le chemin de cette douce insouciance introductive. Si "GóðAn Daginn" se charge de canaliser toute cette énergie positive en ralentissant le tempo et en faisant lentement croître l'émotion, "Við Spilum Endalaust" dévoile une force musicale hors pair suscitant enthousiasme et optimisme d'une égale manière. Ce début d'album est donc déroutant à plus d'un titre : très acoustique (avec un piano particulièrement présent), très enlevé, anormalement entraînant, touchant dans sa sincérité, et soufflant un vent chaud certes inattendu mais extrêmement revigorant. Une surprise donc, mais plutôt une très bonne surprise.

Malheureusement, c'est à ce point de l'histoire que les choses commencent à se gâter. "Festival" marque une rupture brutale d'atmosphère en renouant avec les ambiances vapopreuses et lentes auxquelles nous avaient habitué les islandais  par le passé. Sauf qu'ici, c'est un déroutant minimalisme qui prédomine : minimalisme sonore au début du titre, avec seulement quelques maigres plages synthétiques pour soutenir la fragile voix de Jónsi, et minimalisme mélodique par la suite, avec une ritournelle répétée en boucle plutôt quelconque, que les couches successives d'instruments ne parviennent pas à extirper d'une certaine indolence malgré le côté cataclysmique du final. Un art dans lequel le groupe excelle habituellement mais qui, dans ce cas précis, tourne plutôt à l'effet de style. Deux parties très dissemblables, dont la réunion ne s'imposait pas et dont les 9 minutes suscitent en fin de compte quelques bâillements inopportuns. Ennuyeux, Sigur Rós ? Allons donc, impossible ! J'ai dû mal écouter. Par bonheur, "Suð I Eyrum" efface pour un temps les quelques doutes qui avaient éclos dans mon esprit en tissant une complainte chargée d'une poignante force nordique et renouant avec les moments les plus intimistes de Takk. Un répit de courte durée, hélas, car voici que survient l'autre gros morceau de l'album, "Ara Bátur", avec autant de minutes et autant de longueurs que son imposant prédécesseur. Sur ce titre, on ne retrouve plus la magie des anciens disques, cette géniale richesse ornementale et cette inventivité sonore à toute épreuve qui caractérisaient le groupe jusqu'ici. La fin du morceau, pourtant ragaillardie par un imposant orchestre symphonique, ne parvient pas à sauver ce qu'il convient d'appeler une troublante faute de goût. Edifiant. Et pire que tout : privée du soutien de ses instruments, la voix de Jónsi peine à susciter le rêve ou la méditation. L'homme n'a jamais eu un organe époustouflant, c'est vrai, mais les difficultés qu'il présente systématiquement à atteindre certaines notes haut perchées ressortent ici de façon parfois désagréable, alors que ce n'était jamais le cas sur les réalisations précédentes.

Le reste de l'album demeure dans l'aspect dépouillé précédemment décrit, paré d'accompagnements instrumentaux exclusivement acoustiques réduits au minimum, ici un piano, là une guitare, parfois quelques cuivres ou violons volontairement maintenus en arrière plan. Soyons honnêtes : on a entendu bien pire que ces quelques airs reposants et mélodieux - même si "All Alright", premier titre en anglais des islandais, ne s'imposait pas vraiment en guise de conclusion. Et pourtant, là encore, le charme n'opère plus comme avant, le pouvoir addictif s’est considérablement réduit, la puissance évocatrice a disparu. Pourquoi avoir ainsi tourné le dos aux riches accompagnements électriques qui représentent habituellement l’une des plus grandes forces du groupe ? Et pourquoi avoir sciemment donné deux tonalités radicalement opposées et presque antagonistes à ce disque ? C'est peut-être l'aspect qui choque le plus dans ce cru 2008, cet abîme entre la fin et le début du CD, tel un obstacle quasi-infranchissable qui rend presque pénible l'enclenchement de la fonction "boucle" de la platine.

Ennuyeux, Sigur Rós ? Vous comprenez bien le désarroi qui m'a assailli quand j'en suis arrivé à cette effrayante conclusion, même s'il faut reconnaître que, toutes choses égales par ailleurs, l'album se laisse écouter sans déplaisir et que tous les titres ne sont pas logés à la même enseigne en la matière. Alors, que faire ? La seule chose qui soit à ma portée : j'ai réécouté Með suð í eyrum við spilum endalaust, encore. Puis j'ai réécouté Takk et ( ), puis Msievse, encore. Mais rien à faire, cette dernière livraison des islandais est bien en dessous du niveau de leur brillante discographie. Pas mauvaise, soit, mais loin, si loin de leurs plus hauts faits d'arme. Pourtant, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je ne parviens pas à céder à l'amertume malgré l'immense déception qui m'assaille. Peut-être me faudra-t-il encore quelques semaines pour me convaincre ? Mais j'en doute : plus je me dis qu'il faut que je me repasse cet album, plus j'ai envie de me tourner vers ses prédécesseurs. Un signe qui ne trompe pas.

Si vous aimez Með suð í eyrum við spilum endalaust, vous aimerez ...
Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

Sigur Ròs


Kveikur


Critique d'album

Sigur Ròs


Takk..


Critique d'album

Sigur Ròs


Agaetis Byrjun


Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également