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The Streets
Everything Is Borrowed
Produit par
1- Everything Is Borrowed / 2- Heaven For The Weather / 3- I Love You More (Than You Like Me) / 4- The Way Of The Dodo / 5- On The Flip Of A Coin / 6- On The Edge Of A Cliff / 7- Never Give In / 8- The Sherry End / 9- Alleged Legends / 10- The Strongest Person I Know / 11- The Escapist
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
Des fois c’est légitime, on pose des jugements irrévocables, du style : "Le rap c’est d’la merde". Cependant, un jour, le petit Anglais Mike Skinner, ayant autant de sex appeal qu’un donut, décide de créer The Streets au fond de son garage, et de sortir un album rap / hip hop relevant du pur génie (Original Pirate Material). A l’aide de son accent cockney qui tue et de paroles pleines d’ironie et de sensibilité, il décrit la vie des banlieues grises et laides d’Angleterre. Rapidement star au Royaume-Uni, il acquiert alors une certaine sexitude, malgré son physique de coton tige, sa tronche de winner et ses clips 100% purs baked beans. Adulé par les médias musicaux, il est quelque peu boudé par les critiques lors de la sortie de son troisième album The Hardest Way to Make an Easy Living. Il semble être tombé dans le gangsta rap qui parle de comment la célébrité c’est trop dur tu vois. Mais comme l’erreur est humaine, on ne lui en voulait pas trop. Jusqu’à aujourd’hui.
Car aujourd’hui, il est de retour avec son quatrième album, Evrything is Borrowed, ce qu’il déclare être l’avant-dernier album de The Streets. On l’attend au tournant, on l’interviewe. Il déclare qu’il ne supporte plus The Streets, qu’il veut s’en extraire. Il tourne en rond, il est prisonnier d’une spirale dont il est lui-même l’instigateur. Everything is Borrowed est l’exacte traduction musicale de cette constatation. L’album ressemble vaguement à Original Pirate Material et à A Grand don’t Come for Free, les deux premiers albums, sans jamais en retrouver la géniale étincelle. "Heaven for the Weather" n’a pas l’énergie joviale des morceaux dansants d’autrefois. Les quelques trouvailles originales ("The Way the Dodo") manquent le coche et deviennent vite agaçantes. "The Strongest Person I Know" tente d’atteindre le cœur de l’auditeur mais ne fait que ricocher sur une de ses côtes. Quelque chose s’est perdu en chemin, la fraîcheur du petit prolo gouailleur en K-way. Everything is Borrowed est un album qui coule dans les oreilles sans que l’on ne s’en rende vraiment compte, il s’écoute sans s’entendre. Les seules surprises qui éveillent l’attention sont d’un goût douteux, comme ce mini-solo de guitare ringard sur "On the Edge of a Cloud" ou le refrain raté de "Sherry End". Quelques morceaux tirent quand même leur épingle du jeu, comme le premier single "The Escapist" ou "I Love You More (Than You Like Me)" au clip surprenant et décalé, mais ils sont rares.
L’inspiration flétrie, Mike Skinner livre un album du genre de ceux que l’on range dans son meuble CD sans les écouter pendant des années. Car le pire dans tout cela, c’est que le disque n’est pas mauvais. Il est juste oubliable.