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Pendragon
North Star
Produit par
1- PART I: A Boy and His Dog / 2- PART II: As Dead as a Dodo / 3- PART III: Phoenician Skies / 4- Fall Away
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La douceur des effluves sonores de Love Over Fear, dernier opus de Pendragon en date (2020), s’écoute avec une certaine mélancolie liée à son contexte de parution. Sorti en pleine pandémie, à peine deux semaines avant le confinement, l’album garde le parfum des semaines d’enfermement qu’il a accompagnées de ses notes harmonieuses.
La promotion de Love Over Fear avait dû être interrompue et la tournée française qui devait le célébrer avait été reportée après une seule date parisienne - et jamais reprogrammée jusqu’alors. L’EP North Star semble permettre au groupe de prolonger la dynamique esthétique à l’œuvre dans leur album précédent et interrompue par la pandémie. Mais elle est aussi une réponse optimiste censée faire oublier ce passé malheureux : c’est une célébration de l’étoile Polaire qui guide les hommes à travers les chemins du bonheur.
On se souvient de la magnifique illustration océanique qui servait d’écrin à Love Over Fear et c’est un plaisir de retrouver Liz Saddington à la manœuvre. Ici, nous sommes conviés à une promenade nocturne dans l’obscurité d’une campagne anglaise, aux côtés de personnages anthropomorphes inspirés de l’univers de Lewis Carroll. Cette ambiance apaisée, onirique et enfantine correspond à merveille au registre de l’album.
Sur l’album précédent, Pendragon avait renoué avec les 1990’s et s’était montré moins métallique : la musique était plus douce, avec des aspérités folk et World-Music, sans jamais perdre sa nature indéniablement rock. Tout au long des quatre pistes qui le composent, North Star s’inscrit dans cette esthétique, en particulier sur la suite éponyme divisée en trois mouvements qui occupe la majeure partie de l’opus.
Cette pièce s’ouvre ainsi sur "A Boy and His Dog", un titre assez long où dominent les arpèges cristallins typiques de Nick Barrett. Mis en relief par des claviers éthérés, ils portent l’ensemble du morceau sur un flot d’une douce mélancolie. Cette dernière est mise en balance avec le picking qui introduit le très beau "As Dead As a Dodo" et apporte un peu de légèreté au propos initial. Sur ce titre, on ne peut qu’être conquis par la variété d’approches avec laquelle Barrett aborde son instrument, mais il faudra attendre le solo final de "Phoenician Skies" pour retrouver les longues notes tenues et floydiennes caractéristiques de son jeu. Il semble que l’album soit une œuvre très personnelle tant Barrett est omniprésent dans la composition et l’interprétation. La place importante que prend la guitare en est un indice, de même que les multiples facettes qu’elle adopte tout au long de l’opus. Ainsi, l’introduction de "Fall Away" se réalise dans un style hispanisant, puis laisse place à un titre atmosphérique qui reprend quelques gimmicks de compositions canoniques du groupe, notamment dans les mélodies du chant.
Dans la discographie de Pendragon qui croît à un rythme mesuré, North Star apparaît comme la suite logique de Love Over Fear, un excellent album dont ce nouvel EP est le digne successeur. En espérant que l’étoile polaire guide le groupe outre-Manche sur les planches des scènes hexagonales.
(Pour parer les difficultés à se procurer l'EP, sachez qu'il est disponible chez le promoteur français du groupe - Built by France)