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Bombay Bicycle Club
So Long See You Tomorrow
Produit par
1- Overdone / 2- It's Alright Now / 3- Carry Me / 4- Home By Now / 5- Whenever, Wherever / 6- Luna / 7- Eyes Off You / 8- Feel / 9- Come To / 10- So Long, See You Tomorrow
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Trois ans après A Different Kind Of Fix, la bande à Steadman revient avec So Long, See You Tomorrow, leur déjà-quatrième-album. Parti d’un post punk britannico-britannique sautillant à une folk acoustique obligatoirement plus introspective pour finir récemment sur des musiques aux lignes claires de guitares à la Johnny Clegg, Bombay Bicycle Club enfonce ici le clou du côté "musiques du monde", chipées çà et là lors des voyages de Jack.
Accents techno allemands, influences Bollywood-esques, samples tribaux africains...c’est une bonne partie du globe qui serpente cet album aux boucles qui se veulent toujours plus atmosphériques. A la recherche d’inspiration pouvant les détacher de leur statut de parfait jeune groupe indé londonien, BBC a choisi la carte (/mapemonde) de l'éthéré. Pour ce faire, on saupoudre l'album de backing vocals des deux birdy-girls Lucy Rose et Rae Morris, et on y ajoute la volonté du quatuor d’autoproduire l’album. En ressort un condensé de jouvence, parfait anti-rides pour contrer un son qui basculait de plus en plus vers le convenu et le routinier. Reste plus qu’à décortiquer cette petite colombe.
C’est donc par une musique indienne très cinémato-génique, que s’ouvre l’album avec "Overdone". L’intro est convaincante et polymorphe comme pour bien souligner et confirmer la bougeotte mélodique des petits anglais. Les deux titres suivants renouent avec ce qu’on connait du groupe, en plus garni, condensé et compact. Les strates s’accumulent pour donner un son aussi gras qu’enlevé ("It’s Alright Now"). La structure générale des morceaux est elle inchangée avec un pont toujours dans le sucré perlé a capella. Même si Jacquot n’est pas allé jusqu’en Scandinavie, l’on ressent beaucoup l’influence d’artistes tels Sigur Ros ("Whenever, Wherever", "Eyes Of You", "So Long, See You Tomorrow") qu’il aurait fallu plus développer. Retour à l’ami Clegg et ses off beats ensoleillés sur "Luna" qui synthétise bien le parcours des BBC, avant de se resservir une bonne rasade de curry bien relevé avec "Feel".
Le groove est là (le bassiste et le batteur sont plutôt remarquables), l’exotisme aussi. Mais l’album a beau être bombé, il n’est cependant pas si gonflé. On y remarque des errances pas toujours heureuses via des pérégrinations qui font parfois le grand écart. Mais force est de constater que les londoniens se sont mis la rate au court bouillon pour nous livrer un bel effort. Partez pas trop loin non plus la prochaine fois, quoi.