
Nemo
R€volu$ion
Produit par
1- Liberté, égalité, insurrection / 2- Je Suis un Objet / 3- R€volu$ion / 4- Aux Portes du Paradis / 5- Seul dans la Foule / 6- Chiens en Laisse / 7- Loin des Yeux (Barbares Parties VIII à XII) / 8- Notes pour plus Tard ...


L’exceptionnel Barbares semblait lancer une nouvelle dynamique, un approfondissement esthétique, et son successeur, R€volu$ion, s’inscrit en effet dans ses pas. Des claviers à la guitare, en passant par les thématiques sombres des paroles et la pochette, de nombreux éléments renvoient à l’album précédent.
"Loin des Yeux" constitue d’ailleurs la suite de "Barbares" comme le sous-titre l’indique (ce sont les parties 8 à 12). Le morceau dure en outre presqu’aussi longtemps - plus de vingt-quatre minutes – il faudra donc s’accrocher pour apprécier cette nouvelle épopée progressive. Sur ce titre, l’entrée en matière est directe. En effet, il commence de façon tout à fait opportune dans un maelstrom de notes digne du plus technique morceau de Metal progressif, où guitare et claviers entrent en parfaite harmonie. Quelques minutes sont ensuite laissées au chant qui dénonce de l’argent roi : un moment d’accalmie avant le retour d’un riff plus épais, qui sert de toile de fond aux claviers, puis au chorus de JPL. Il y en aura pas mal des moments épiques à la six-cordes, la virtuosité du musicien n’étant plus à prouver. Mais tous les autres membres du groupe témoignent d’un talent indéniable : les claviers, bien sûr, avec une palette sonore toujours aussi vaste, et la section rythmique qui ne craint pas le contretemps et la syncope. Les dix dernières minutes, avec l’apparition d’un ersatz de cornemuse renvoyant aux inclinaisons celtiques du groupe, sont les plus réussies, mais l’ensemble est encore une fois très cohérent et très bien interprété. Si "Loin des Yeux" n’atteint pourtant pas la majesté de "Barbares", il n’en reste pas moins un morceau de bravoure de très haut niveau.
Le reste de l’album est par contre composé de titres plus courts et plus directs, tout en maintenant la dimension progressive. Les claviers sont mis en avant sur "Je Suis un Objet", titre d’un abord facile mais qui possède un pont atmosphérique, des sonorités synthétiques et de bons riffs. Un des gimmicks de l’opus est de jouer sur la nuance entre moment metallique et passages éthérées : le contraste couplet/refrain du titre éponyme, le final de "Seul dans la Foule" ou la seconde partie de "Notes pour plus tard".
Nemo prend également le temps de mettre en avant des moments plus calmes et atmosphériques, avec des titres aux progressions lentes qui ne sont pas dénués de surprises : les dix minutes de "Seul dans la Foule", "Chien en Laisse", ou encore "Notes pour plus tard" qui propose des excellents chorus avec des notes laissées en apesanteur. Ils sont moins électriques et denses (les profusions de note sont mesurées) que ce qu’on pouvait trouver sur Barbares.
Moins inventif que son successeur, R€voltu$ion n’en est pas moins un très bon album : Nemo, sortie après sortie, affirme son statut d’héraut du rock progressif français. Un groupe incontournable pour les amateurs de la scène.