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Dragons
Here Are The Roses
Produit par
1- Here Are the Roses / 2- Condition / 3- Treasure / 4- Obedience / 5- Trust / 6- Epiphany / 7- Lonely Tonight / 8- Remembrance / 9- Where is the love? / 10- Forever
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Rien d'étonnant à ce que le nom de Dragons ne vous évoque rien. Et pourtant... ce groupe de cold wave, pardon, de "revival" cold wave, domicilié à Bristol et emmené par Anthony Tombling Jnr et David Francolini, offrait l'an passé un coup d'essai d'une excellente qualité, malheureusement complètement étouffé par les nouvelles livraisons des mastodontes de cette scène, Interpol et Editors : hasard dommageable du calendrier. Car si Here Are The Roses avait eu l'opportunité de pointer le bout de son nez en ce début 2008, nul doute qu'il ne serait pas passé à ce point inaperçu.
Une petite piqûre de rappel salutaire s'impose donc, et on ne pourrait que la conseiller d'urgence à tous ceux qui, comme moi, n'avaient pas été totalement satisfaits par Our Love To Admire et An End Has A Start. L'héritage de Ian Curtis et de ses comparses trouve avec Dragons un usufruitier des plus fidèles, avec 30 années de recul supplémentaire pour affiner cette musique sombre et désespérée. Et même si on ne retrouve pas toute l'urgence et la noirceur de Joy Division sur ce disque, comment ne pas être proprement impressionné par des titres comme "Condition", brutal, tranchant et cependant délivré avec une déconcertante évidence ? Ou encore "Lonely Tonight", la meilleure compo du disque, surpassant presque n'importe quel morceau de Turn On The Bright Light ? La voix grave de Tombling fait des miracles, lorgnant tantôt vers le grand Ian, tantôt vers Dave Gahan et parfois même vers Brendan Perry, notamment avec "Where Is The Love ?" dont la profondeur abyssale rappelle les plus grands moments de Dead Can Dance. Derrière les fûts, Francolini assure un récital varié et vraiment appréciable en s'associant parfois à une boite à rythme plutôt bien utilisée, soutenant à merveille des guitares parfois sages mais possédant souvent un beau volume, une basse discrète dans la plus pure tradition cold wave, et des synthés placés en toile de fond, beaucoup moins omniprésents qu'au sein de Depeche Mode par exemple. Seul bémol à l'ensemble, "Remembrance" et "Treasure" sont un peu en retrait par rapport au reste : cela fait bien peu, avouez, au regard de la brillante prestation délivrée par ailleurs, avec des fulgurances aussi impressionnantes que "Here Are The Roses", "Epiphany" et "Trust".
Si vous ne l'avez pas encore compris, soyons plus clairs : vous avez aimé les dernières fournées d'Interpol et d'Editors ? Vous vous repassez régulièrement Closer dans votre chambre, la nuit, une fois la lumière éteinte ? Ou même vous ne rechignez pas à un bon disque de revival cold wave de temps à autre ? Faites donc un détour par Here Are The Roses, sous peine de manquer l'un des meilleurs disques du genre, et rappelez vous bien le nom de Dragons : comme ça, la prochaine fois, vous ne risquerez pas (comme moi) de passer à côté de l'un des plus talentueux groupes d'Angleterre.