
Sideburn
The Newborn Sun
Produit par
1- I'm A King / 2- Sweet Wine / 3- Top Of The World / 4- When The Day Dies / 5- A Piece Of Shade / 6- Soulville / 7- Farmer Joe / 8- Another Day In The Blue / 9- The Sun Will Love You / 10- Riding The Rainbow


Implacable et rayonnant, le soleil donne… Dernière offrande en date : ce quatuor suédois auteur d’un stoner drastique et maîtrisé. Formé en 1997, Sideburn est un groupe qui aime faire les choses convenablement, à l’image d’une discographie fruste n’affichant que deux albums au compteur : Trying To Burn The Sun publié en 2002 et enregistré en un sprint de deux semaines et la présente galette, sortie sur le bien aimé label Buzzville. Fort de multiples tournées et de quelques changements de personnel, le combo s’est attaché à faire mûrir son savoir-faire, preuve en est ce Newborn Sun dense et appliqué. Tout comme ses homologues des pays scandinaves, Sideburn verse dans un heavy rock biberonné aux influences seventies. Si le disque ne frappe ni par son originalité ni par son audace, il séduit néanmoins par sa ciselure et le soin apporté à sa réalisation.
Riche de 10 plages copieuses coulées dans un stoner vintage qui fait parfois songer aux premiers efforts de Spiritual Beggars , The Newborn Sun distille par intervalles réguliers quelques joyeuses saillies old school rehaussées par des arrangements on ne peut plus contemporains. Laissant les tempos léthargiques et les guitares abyssales à leurs congénères bas du front, Sideburn s’efforce davantage de colorer les ambiances et de varier son jeu en se faisant le chantre d’un éclectisme ténu, certes, mais évitant à l’ensemble de sombrer dans la redondance. Semblant monolithique lors des premières écoutes, l’album laisse progressivement entrevoir quelques belles percées : savoir-faire mélodique porté par le timbre doucement éraillé et parfois lyrique de Jani Kataja ("I’m A King", "Another Day In The Blue", "When The Day Dies" s’invitant sur le terrain de jeu de Pearl Jam ), orgue chaleureux convoquant tout autant Deep Purple que le Grand Funk Railroad de Phoenix ("Top Of The World"), Southern Rock généreux ("Soulville", "Farmer Joe") et langueurs chaloupées ("Riding The Rainbow", "A Piece Of Shade"). Avec une modestie d’artisan amoureux du travail bien fait, Sideburn accouche d’un disque nullement renversant (manquent peut-être quelques trips aux LSD propres à faire dérailler cette machine trop bien huilée) mais séduisant de bout en bout, de quoi aguicher l’oreille des aficionados alertes.