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Venom
Welcome to Hell
Produit par
1- Sons Of Satan / 2- Welcome to Hell / 3- Schizo / 4- Mayhem With Mercy / 5- Poison / 6- Live Like An Angel / 7- Witching Hour / 8- One Thousand Days in Sodom / 9- Angel Dust / 10- In League With Satan / 11- Red Light Fever / 12- Angel Dust / 13- In League With Satan / 14- Live Like An Angel / 15- Bloodlust / 16- Angel Dust / 17- Raise the Dead / 18- Red Light Fever / 19- Welcome to Hell

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S’il n’y avait qu’un argument à donner pour démontrer que l’expression "New Wave of British Heavy Metal" - la vague anglaise de renouveau metallique du début des années 1980 – était plus que soumise à caution, il faudrait mettre en avant le premier opus de Venom. Le groupe est souvent classé au sein de la NWOBHM alors que, si l’on excepte son origine géographique et son goût pour la guitare électrique, il demeure assez éloigné des Iron Maiden et consorts. Il y eut bien un mouvement de renouvellement de la scène hard-rock à ce moment, mais la réalité fut marquée du sceau de l’hétérogénéité.
En effet, le style de Venom ne peut que s’interpréter qu'au regard de son statut de formation historique pour les portes qu’elle a ouverte à toute une génération de musiciens : point de Thrash Metal ou de Black Metal sans Welcome to Hell, opus inaugural qui parut en 1981.
Pourtant, les ex-Guillotine (nom d’un des groupes-substrats, l’histoire des origines de Venom est très complexe) offrent un premier album assez … déconcertant. La production, tout d’abord, est indigente, digne du dernier groupe de punk (particulièrement sensible sur un morceau comme "Witching Hour" pour la batterie par exemple). Ensuite, on sent que Venom ne se prend qu’à moitié au sérieux, mettant du Satan et autres diableries un peu partout (jusqu’à la pochette, assez réussie), exagérant certaines intonations ("Welcome to Hell" avec une aspiration surfaite) ou prenant des pseudonymes carnavalesques – Cronos, Mantas et Abaddon. Enfin, l’interprétation est parfois un peu aléatoire : l’ultra-speed "Sons of Satan" est ainsi à côté de la plaque au niveau du tempo tandis que le solo bruitiste laisse dubitatif.
Du reste, il ne faudrait pas non plus faire passer Venom pour une bande d’innovateurs absolus. La patte Motörhead est vraiment dominante, écrasante : le chaloupé "Shizoid", un rock’n’roll comme "Live like an Angel (Die Like a Devil)" dans la pure lignée d'un "Ace of Spades", même le tube "Welcome to Hell" suinte le snaggletooth. On a souvent le sentiment que Venom s’inscrit dans un hard-rock un peu énervé mais tout à fait convenu ("Poison"). Peut-être que "Red Light Ever" est le plus avancé dans ses dérivations extrêmes, à voir ...
Pour autant, il faut noter un certain raffinement dans une partie des compositions : l’instrumental en arpège "Mayhem without Mercy", les ponts mélodiques très Cirith Ungol et les transitions inattendues de "One Thousand Days in Sodom" (la basse presque funky, le solo maitrisé), l’introduction diabolique en feedback de l’invocatoire "In League with Satan". Des éléments intéressants au profit de morceaux plutôt réussis, si on accepte bien sûr de dépasser la production et de s’imprégner du contexte.
Les transgressions en matière d’univers, de paroles, de chant, de provocation, de production même (qui donne ce côté un peu sale qui sera propre – hum - à de futurs sous-genres) font de Welcome to Hell un album culte, malgré ses défauts et son originalité à nuancer en retenant ses racines profondément enfuies du côté de chez Lemmy. Son héritage et le nombre de formations qui s’y référent désormais imposent de faire un détour par celui-ci par curiosité historique.
A écouter : "Welcome to Hell", "One Thousand Days in Sodom", "In League with Satan"