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Maple Bee
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1- While You Were Sleeping / 2- Quiet The Silent World / 3- Me And Rose / 4- Mirrior / 5- No Place / 6- Queen 23 / 7- I Want It All / 8- Sweetness In Your Light / 9- Somebody Take Me Home / 10- So Far From Lost / 11- This Face This Name


Melanie Garside (aka Maple Bee) connaît la difficulté d’être une sœur de. Et pas de n’importe qui. Son aînée Katie Jane Garside (Daisy Chainsaw, Queen Adreena, Ruby Throat) sorte d’icône trash, officie depuis bientôt vingt ans sur la scène underground anglaise. Comme elle, Melanie Garside a multiplié des projets extrêmement différents et plus ou moins éphémères, du métal-grunge (Tabitah Zu, Vertigo Angel, Queen Adreena comme bassiste de secours) au style Era (Maedieval Babes) en passant par l’électro (Huski). En 2004, elle crée Maple Bee, et se tourne cette fois vers un électro-folk apaisant.
Après deux albums de balades délicates, le danger était grand de reproduire un troisième disque à l’identique. Mais Maple Bee prend sur Home un virage plus folk bienvenu. Elle enrichit toujours ses chansons en y étalant des nappes de synthés et en les saupoudrant de petits bruits électroniques, sans toutefois en faire trop. Elle réussit à trouver le juste milieu grâce à quelques ingrédients simples qu’elle dissémine intelligemment : cordes pincées de violoncelle ("Somebody Takes Me Home"), accordéon ("Me & Rose"), piano ("No Place") et arrangements divers. Melanie Garside a un talent remarquable quand il s’agit d’écrire des petites comptines mélancoliques qu’elle façonne comme autant de petits univers doux et cotonneux. Les chansons "No Place", "Queen 23", "Me & Rose" ou "Somebody Take Me Home" sont autant de balades charmantes, lumineuses et intemporelles.
Mais dès que Maple Bee s’aventure sur des terrains plus électroniques, le charme est rompu : "Mirrior" et "This Face This Name" paraissent dater d’un autre âge, et évoquent une sorte de revival nineties pas vraiment efficace. "While You Were Sleeping" et "Quiet The Silence World" nous ramènent à des artistes comme Natalie Imbruglia, de la pop un brin lisse et surfaite.
Il n'en reste pas moins que Maple Bee a la qualité d'avoir su se réinventer, tout en gardant son univers doux et mélancolique. Alors on oublie l’oubliable et on garde les pépites folk. Rien que pour elles, Home mérite vraiment un bon nombre d'écoutes. Car Maple Bee a le courage de poursuivre sa route comme elle l'entend, loin du monde des majors.