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Eagulls
Eagulls
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1- Nerve Endings / 2- Hollow Visions / 3- Yellow Eyes / 4- Tough Luck / 5- Amber Veins / 6- Possessed / 7- Footsteps / 8- Fester / Blister / 9- Opaque / 10- Soulless Youth
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Leeds a encore frappé. Les Eagulls (les mouettes en français) sortent un premier album éponyme acclamé par les critiques. Et pour cause. Sorte de bouffée d’air positive annonçant les beaux jours, remède contre les tubes pénibles FM qu’on nous assène jusqu'à nous râper les noyaux, voila des oiseaux de bon augure pour le post punk britannique.
Quatre ans après le premier EP Songs of Prey, sous forme de cassette remplie d’influences classiques (The Pixies-The Cure-The Clash) bien tricotées, le quintette revient avec un album de dix titres finement dosés. On y retrouve l’héritage du punk originel de la fin des 70ies qui remue l’estomac, mais qui ne rend pas nauséeux. Le squelette basse-guitare-batterie a certes un fond mélodique tendu et angoissant ("Footsteps") représentatif du mouvement mais l’intelligence des Eagulls réside en cette facilité vive et lucide de le moderniser en y piquetant des refrains fédérateurs ("Tough Luck" et son pont tout en rupture de rythme). On pense autant à Wire qu’ à Metz, et puis aussi à Holograms pour la puissance incendiaire des instruments et la voix revancharde.
Cependant, les volatiles font aussi dans le subtil. On les surprend parfois à taper dans le shoegaze comme les tout aussi doués Blood Red Shoes ("Possessed"), de façon à arrondir les angles ultra aigus de cette musique tout (g)riffs dehors, avec des boucles réverbérées de guitares qui allègent la soupe de base. Intrigant, généreux, ce post punk ne se mouche pas du coude et propose du rock qui étincelle avec "Yellow Eyes", qui se pose comme une déclaration ludique et moqueuse. Impétueux dans leurs opinions et lettres ouvertes aux groupes qu’ils ne peuvent pas encadrer, Eagulls a toutefois réussi à dompter sa rage pour en tirer le meilleur jus.
Les héros du revival post punk. Le coup de cœur de ce début d’année. Carrément. Après cette année 2013 en demi teinte, voire décevante niveau découvertes d’outre-manche, l’espoir est à nouveau permis. Même si Mitchell le chanteur clame "I never feel fine" sur "Soulless Youth", il y a bien plus que de la simple agitation juvénile sur ce brillant premier album. Révoltés mais jamais sombres, la construction authentique et mélodique des Eagulls donne lieu à un post punk pétulant et expansif. Pas mauviettes, les mouettes.