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Critique d'album

Alice Cooper


Love It To Death


(08/03/1971 - Straight, Warner Bros. - Shock Rock - Genre : Rock)
Produit par Jack Richardson, Bob Ezrin

1- Caught In A Dream / 2- I'm Eighteen / 3- Long Way To Go / 4- Black Juju / 5- Is It My Body / 6- Hallowed Be My Name / 7- Second Coming / 8- Ballad of Dwight Fry / 9- Sun Arise
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"La rencontre avec Bob Ezrin révèle enfin le potentiel d'Alice Cooper"
François, le 09/01/2021
( mots)

Un seul être arrive et tout est enfin peuplé, aurait-on pu dire à l’Alice Cooper band en 1971, groupe américain à l’œuvre jusqu’alors assez anecdotique (deux albums sans grande flamboyance). Cet être, c’est un homme de l’ombre amené à connaître un destin musical radieux, mais qui n’est pour l’instant que le second couteau du producteur Jack Richardson : l’ingénieur du son – puis producteur - Bob Ezrin. Ce n’est alors que le début d’une collaboration initiée en 1970, quand le groupe quitte l’univers hippie californien pour la ville de Détroit où le Canadien les prend en main et les force à travailler d’arrache-pied. La Californie et le Michigan, deux faces des Etats-Unis, deux épicentres du rock, deux scènes bien différentes : dans ce centre industriel du Midwest, les guitares sont acérées, les artistes moins bercés par les illusions fleuries de la côte Ouest. C’est The Stooges ou le MC5 qui mènent la barque, plus tard Ted Nugent, côté rock bien sûr puisque l’esthétique afro-américaine vit à Détroit un renouveau exemplaire. Bref, Alice Cooper durcit sa musique et construit une dynamique à peine lancée sur le précédent opus. 


Les velléités expérimentales issues des premières années du groupe et de l’inspiration puisée chez Franck Zappa n’ont pas disparues. En témoigne les 9 minutes de "Black Juju" aux forts relents psychédéliques (le côté tango et les percussions qui nous replongent vers Jefferson Airplane) et progressifs (les claviers floydiens). Le côté narratif construit un personnage en devenir, de même que le rythme tribal marqué peut rappeler l’esthétique d’Arthur Brown, une référence qui saute aux oreilles ici. Les surprises sont également nombreuses dans l’excellent "Ballad of Dwight Fry" entre l’enfant inquiétante en introduction ou les ponts bruitistes à la guitare, articulant un titre aux mélodies délicieuses entre passages acoustiques et plus saturés. 


En effet, conseillés par Ezrin, ils tentent de créer des morceaux plus accrocheurs, plus incisifs. L’aboutissement s’intitule "I’m Eighteen", dont le riff est devenu un monument du rock et dont le potentiel tubesque n’a jamais été démenti. Vincent Furnier se dévoile enfin au chant, tantôt crooner, tantôt plus hurleur, et Alice Cooper, dont le statut sera toujours ambigu (un groupe ou son leader ?) effectue enfin sa mue. Une transition que décrit bien cette chanson – "I’m a boy and I’m a man". Aussi ingrat que marqué par son ascendance, l’adolescence du groupe est aussi bien un pied de nez qu’un hommage aux années 1960. On retrouve le psychédélisme, le blues rock, la British Invasion, le rock garage, le proto-punk du Michigan, mais le tout est transcendé : indéniablement, nous sommes bien dans les 1970’s musicales américaines, bien plus riches et inventives tout en revendiquant leurs racines. 


D’ailleurs, les titres assez directs, qui conservent les influences rock’n’roll et britanniques acclimatées au son US, constituent l’essentiel de l’album et lui font atteindre des sommets. "Caught in a Dream" multiplie les traits de guitare un peu acides devant un riff entraînant, "Long Way to Go" arrange et rafraîchit le rock’n’roll, "It Is my Body" déborde de groove, "Hallowed Be My Time" possède une touche Atomic Rooster avec son rythme heurté et sa fusion guitare/claviers … 


Alice Cooper commence même son parcours de "shock-rock" avec une première provocation : un doigt bien placé sur la pochette qui met en avant l’esprit beaucoup plus mal placé du censeur ou du puritain. "Couvrez ce doigt que je ne saurais voir" ! Cet index qu’on veut mettre à l’Index est dirigé vers les vieilles générations, quand le majeur plus symbolique et musical est dressé face à la jeunesse bercée par les 1960’s : c’est "Sun Arise" (reprise des Australiens Harris et Butler) qui semble détourner la niaiserie d’une partie de l’œuvre de la British Invasion pour évoquer un nouvel âge. Celui d’Alice Cooper. 


Un des problèmes du groupe jusqu’alors est d’avoir été entouré par des producteurs distraits, en dilettante, qui ne croyaient pas en eux. Ils ont enfin leur producteur, celui qui leur enseigne l’efficacité et les recettes pour produire des titres accrocheurs, qui sait transformer le plomb en or. Bob Ezrin participe même à l’album en tant que musicien en prenant les claviers. C’est peut-être, d’un point de vue musical aussi bien qu’historique (on entend ici l’histoire interne au groupe), l’événement central à retenir de cet album. Une collaboration qui sera en effet fertile, de longue durée, et qui permet le décollage de la formation alignant les succès. Alice Cooper est né. 


 

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