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Critique d'album

La Féline


Adieu L'Enfance


(10/11/2014 - Kwaidan - New wave - Genre : Chanson / Folk)
Produit par Marc Colin, Xavier Thiry

1- Les Fashionistes (Au Loin) / 2- La Ligne d'Horizon / 3- Zone / 4- Dans Le Doute / 5- Adieu L'Enfance / 6- Rêve de Verre / 7- Midnight / 8- Moderne / 9- La Fumée Dans Le Ciel / 10- T'Emporter / 11- Le Parfait Etat
Note de 4.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"L'exaltation de la pop française en un éclatant premier album."
Pierre D, le 04/12/2014
( mots)

Il est bon de le dire, intéressant de le rappeler et passionnant de le marteler : la pop française est exaltante. Nous n'en sommes pas encore à l'ère où ces sous-hommes de critiques arrêteront de mettre une nouvelle production française en miroir avec la pop anglo-saxonne, mais heureusement certains musiciens hexagonaux s'en cognent.

Paraît-il que La Féline a sorti des singles auparavant mais notre défrichage n'est pas parvenu jusqu'à elle. Alors c'est peu dire qu'on s'est pris dans la ganache le grand-œuvre d'Agnès Gayraud, agrégée de philosophie dont certains disaient qu'elle aurait déjà dû percer. Problème : que dire d'Adieu l'enfance ? On reprochera parfois à certains critiques de construire un discours détaché de l’œuvre, une exégèse WTF, OK. Mais comment fait-on quand l'artiste lui-même a construit un discours cohérent sur son œuvre ? Un passage en revue des interviews d'Agnès Gayraud ou de son blog décourage immédiatement toute tentative. Que dire qu'elle n'a pas dit ? Et surtout comment le dire au moins aussi bien ?
On peut s'essayer à dire qu'il y a derrière Adieu l'enfance un vrai projet ("concept" ne fait pas bon ménage avec la pop). Partie d'une photo d'elle-même prise vers l'âge de 6 ans, Agnès Gayraud a orchestré ses questionnements et réflexions dans cet album. Où est elle, la petite fille avec sa "forêt de grandes espérances" ? Un angle rare, c'est sans doute ce que propose La Féline sur un thème pas si usité dans la pop et surtout jamais traité de cette manière. Avec une distance juste et dénuée de nostalgie, elle interroge l'âge adulte et le temps écoulé.

Fort heureusement, La Féline ne fait pas de la chanson française. C'est semble-t-il ce qui a retardé la sortie de ce premier album : parvenir à réaliser ce qu'elle voulait, sans plier son univers sonore aux canons de la chanson française qui patauge dans un non-choix (pas vraiment rétro ou moderne, française ou anglo-saxonne, world-music ou chanson à texte). Les limites sont clairement définies par une guitare aigrelette, une basse, un synthé et une machine rythmique. Dans ce carcan squelettique, Adieu l'enfance s'épanouit avec chic et distinction. La production géniale de Stéphane Briat révèle un équilibre subtil entre voix et instruments.

Pour sûr c'est de bon goût et on rêverait que ce soit un peu chiant (pour ensuite retourner écouter les Murderdolls qui sont beaucoup plus drôles). Sauf que ce disque est presque parfait. La scansion des mots y est pliée pour adopter la mélodie et gagner en sens. "Dans Le Doute" semble même faite de haïkus prononcés en une expiration. Des volutes bleutées de "T'Emporter" à la frivolité de ces "Fashionistes" c'est un enchantement. "Midnight" est le tube parfait pour un dancefloor d'appartement. "Moderne" réanime le blues spectral de Mazzy Star.
Adieu l'enfance est peint avec une palette très limitée. Une personne seule apparaît sur la pochette, le nom du groupe se conjugue au singulier et l'instrumentation a été travaillée pour être aussi décharnée que primitive. Dans ce contexte, toute intervention d'un nouvel élément est un miracle. L'élégante guitare surf de "La Fumée Dans Le Ciel" est inespérée. Les chemins de traverse pris par les mélodies de "Zone" le sont tout autant. Il faut se contenter de ce qui nous est donné à entendre : une guitare, un bourdonnement, un chant comme un mantra. À certaines heures un peu somnolentes "Le Parfait Etat" s'adresse clairement à moi.

Néanmoins, ce qui peut réellement donner envie d'aller à Adieu l'enfance, ce sont les paroles d'Agnès Gayraud elle-même. Pour parvenir là, peut-être aurait-on dû accomplir la même chose que La Féline. Transposer et appliquer la célèbre phrase de Picasso : "J'ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant".

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